| Sagan |
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| Écrit par Soundbeat Radio | |
| 10-10-2008 | |
À bout de souffle. Découvrez la vie de cette auteure mythique sur grand écran. Par Martine Côté
ECRIT PAR MARTINE CÔTÉ
« Sur ce sentiment inconnu, dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse». Les premières lignes du tout premier livre de Françoise Quoirez (devenue Sagan en hommage à Marcel Proust) Bonjour tristesse enchantent et captivent depuis des générations les lecteurs du monde entier.
Le roman, écrit en 1954 pendant l’été alors que l’auteure française n’a que 18 ans, provoque un scandale chez les bien-pensants, mais connaît un succès instantané. Près d’un million de copies sont vendues en un an et Françoise Sagan remporte le Prix des critiques. À sa mort en 2004, celle que le milieu littéraire appelait tout simplement «la Sagan» comptait dans son oeuvre une quarantaine de romans, pièces de théâtre, nouvelles et biographie.
La réalisatrice du film Sagan, Diane Kurys (Les enfants du siècle, L’Anniversaire) offre un film assez conventionnel dans sa forme. La toute première scène nous montre une Françoise Sagan mourante, amère, délaissée par ses amis. Pause. Retour en arrière qui nous fait découvrir la jeune fille impétueuse qui défraie les manchettes, non seulement pour le succès de Bonjour tristesse, mais aussi pour sa propension à faire la fête dans les casinos de Deauville et de Monte-Carlo où le whisky coule à flot. Toujours entourée d’amis avec qui elle se montre plus que généreuse, celle qui vit la libération de la femme en avant-gardiste fait preuve d’une étonnante lucidité. En 1998, à la demande d’un journaliste, elle écrit son épitaphe : Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954 avec un roman, Bonjour tristesse, qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.
Le film s’inscrit dans la veine des biopic, qui depuis quelques années, déferlent sur nos écrans. Rappelons par exemple La Vie en rose, sur Édith Piaf et autres Johnny Cash et Ray Charles. À l’instar de ceux-ci, Sagan dépeint les hauts et les bas d’un personnage singulier qui a marqué son art. Toutefois, l’enfance de l’auteure n’est pas abordée, peut-être parce que provenant d’une famille assez heureuse et aisée. La voix off qui ponctue le long métrage, sorte de narration et d’observations de Sagan, ajoute beaucoup à la compréhension du personnage et ses commentaires sur le métier d’écrivain enrichissent le propos. Sylvie Testud (Les mots bleus, Filles uniques) offre une performance magistrale dans le rôle-titre. Elle a su s’approprier le débit syncopé particulier de Françoise Sagan ainsi que sa gaucherie de femme-enfant. La douce folie de la Sagan, son rapport étrange à l’argent, qu’elle dépensait sans compter jusqu’à ce qu’elle n’ait plus un rond, les voitures sport qu’elle conduisait pied au plancher, l’accident en Aston Martin qui a failli lui coûter la vie et l’a rendue dépendante à la drogue, tous ces événements ayant contribué à façonner le mythe Sagan sont montrés. La bande d’amis qui l’entourait, de Florence Malraux (Margot Abascal) à Jacques Chazot (Pierre Palmade), en passant par la mannequin Peggy Roche (Jeanne Balibar) et Bernard Frank (Lionel Abelanski) est aussi présente. Par contre, ses deux mariages, la naissance de son fils Denis, duquel elle se désintéresse très tôt, sont à peine esquissés et les années défilent à une vitesse fulgurante. Le film qui au départ se destinait plutôt à une forme de téléfilm en deux parties se ressent encore des amputations au scénario. On ne peut que regretter, par exemple, que l’amitié de Sagan avec Jean-Paul Sartre et Tennesse Williams soit passée sous silence. C’est toutefois souvent le lot de ces films qui retrace la vie de nos idoles. Jamais assez complets, ils nous laissent sur notre faim. On ne peut toutefois que saluer l’initiative de Diane Kurys de s’intéresser à la vie d’une intellectuelle, et ce, sans tomber dans la complaisance, tout comme l’aurait souhaité son sujet.
Et on ira relire Sagan parce que son œuvre n’a pas pris une ride.
Sagan prendra l’affiche le 17 octobre prochain
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| Dernière mise à jour : ( 10-10-2008 ) |
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