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Écrit par Journal ICI   
10-10-2008


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Image Vous êtes cinéphiles? Pour vrai de vrai? Du 8 au 19 octobre, c’est votre fête!

Le FNC est commencé,  messieurs dames, et voici un petit aperçu de ce qui s’y trame en cette première semaine...

Martin Gignac, Rachel Haller, Natalia Wysocka

À l’ouest de Pluton
de Myriam Verreault et Henry Bernadet
Les programmateurs ont annoncé ce film comme l’une des bonnes surprises de cette cuvée 2008 (et le seul long québécois en compétition). Avec raison! Le premier film du duo Myriam Verreault et Henry Bernadet offre un cocktail explosif d’onirisme, de réalisme documentaire et, surtout, de finesse. Sous leur caméra, cette poignée d’adolescents vivant leurs premières fois apparaissent plus vrais que nature. Et rien que pour sa scène-débat sur la souveraineté, le film vaut le détour. Les 11 et 12. (RH)

Adam’s Wall
de Michael Mackenzie
Sorte de Roméo & Juliette en moins tragique, Adam’s Wall s’attarde aux amourettes d’un adolescent juif (Jesse Aaron Dwyre) et d’une Libanaise (Flavia Bechara) dans un Montréal sous la neige. Autant la naïve romance séduit par son utilisation de la belle musique de Benoît Charest, autant les notions politiques alourdissent l’ensemble. La distribution (qui met également en vedette Gabriel Gascon, Paul Ahmarani et Maxim Roy) est cependant convaincante. Les 15 et 16. (MG)

Derrière-moi
de Rafaël Ouellet
Betty veut lâcher son métier d’escorte. Pour ce faire, elle part à la recherche d’une remplaçante. Plus jeune, plus naïve, vachement moins expérimentée aussi. Premiers talons hauts, premier baiser, premier joint, premières lignes... premier client? Pour son second long métrage après Le cèdre penché, Rafaël Ouellet nous offre une histoire d’amitié et de trahison sombre, pas toujours parfaite, mais néanmoins très prenante. Les 11 et 12. (NW)

Detroit Metal City
de Toshio Lee
Amoureux de pop bonbon et aspirant à une carrière de rock star spécialisée dans le kitsch, un jeune guitariste doté d’une risible coupe champignon quitte sa campagne natale pour Tokyo. Après quelque temps, il devient, sans trop savoir comment, une star de death metal destroy. Vêtu de latex, il passe ses soirées au bar Hell’s Gate à cracher son venin. Un joyeux bordel comme seuls les Japonais savent en faire, où se mêlent allusions à Kiss, dominatrices et jeunes écolières en sous-vêtements pastels. Les 10 et 19. (NW)

Estômago
de Marco Jorge
Dans la vie, il y a ceux qui mangent, ceux qui se font manger et ceux qui font à manger. Nonato, le narrateur, a choisi son camp, le troisième, mais finit par se rabattre sur le premier. Eh oui, savoir faire exploser les papilles de ses congénères donne un pouvoir inespéré. Ce petit film sans prétention et joyeusement amoral est présenté en sélection internationale. Le 9. (RH)

Four Nights with Anna
de Jerzy Skolimowski
Dix-sept ans ont passé depuis qu’il a tourné son dernier film, mais avec Four Nights with Anna, le scénariste du fameux Knife in the Water, de Polanski, revient en force. Dans un village de campagne pauvre et gris, un homme se meurt d’amour pour une femme. Elle est quelconque, banale, fade... mais il l’aime. À la folie. Une histoire faite de passion et d’obsession comme on en voit rarement. Les 12 et 17. (NW)

Gomorra
de Matteo Garrone
Dans cette analyse hyperréaliste de la mainmise des faubourgs de Naples par la camorra napolitaine, la description du crime organisé est tout sauf vertueuse. Sans doute qu’il y a trop de destins explorés et que le cinéphile non sensibilisé à cette réalité découlant des écrits de Roberto Saviano se sentira perdu, mais la fascination s’exerce aisément. Un Grand prix de Cannes chargé en adrénaline. Les 11 et 12. (MG)

Heaven on Earth
de Deepa Metha
La réalisatrice de Water et Fire réenfourche son cheval de bataille, la condition des femmes indiennes. Il faut dire que le sujet semble malheureusement inépuisable. Cette fois, il s’agit d’une jeune femme arrachée par un mariage arrangé à sa famille et à son pays. Enfermée dans un pavillon torontois, elle subit, impuissante, la violence de son mari et de sa belle-mère. Poignant et étonnamment stylisé. Le 9 et 12. (RH)

Lost Song
de Rodrigue Jean
Lauréat du prix du meilleur film canadien au plus récent festival de Toronto, Lost Song est l’opus le plus maîtrisé de Rodrigue Jean. Dans sa longue descente aux enfers d’une jeune famille éprouvée par le syndrome post-partum, le réalisateur de Yellowknife filme âprement et sans aucune concession l’isolement d’une jeune femme (magnifique Suzie Leblanc) et de son mari (intense Patrick Goyette). La finale, insoutenable, rivera le spectateur à son siège. Les 16 et 19. (MG)

Man on Wire
de James Marsh
En 1974, Philippe Petit se balade pendant près d’une heure sur un fil tendu entre les tours du World Trade Center. Ce geste complètement fou passe à l’histoire et devient connu sous le nom de «crime artistique du siècle». Plus de 30 ans plus tard, le rouquin raconte avec moult mimiques et exclamations de joie sa palpitante aventure. Pour notre plus grand plaisir, Petit va même jusqu’à se cacher derrière des rideaux et bondir d’un coin à l’autre devant la caméra pour mieux illustrer son récit. Mortel. Les 13 et 16. (NW)

La mémoire des anges
de Luc Bourdon
Sublime patchwork d’images d’archives issues de la collection des films produits par l’ONF, La mémoire des anges est une ode au Montréal des années 50 et 60, un véritable poème qui rend hommage à des années tristement révolues où le tramway, les cabarets, les jolies robes et les chapeaux melons faisaient partie du quotidien. Un véritable tour de force signé Luc Bourdon. Les 10, 12 et 19. (NW)

The Mourning Forest
de Naomi Kawase
Grand prix du Jury à Cannes en 2007, The Mourning Forest est une œuvre exigeante. Peu de dialogues, de longs plans-séquences, une histoire minimale. Mais quel talent pour sonder l’intimité, pour traquer la lente renaissance d’un couple improbable réuni par le même travail de deuil. Un travail filmé à fleur de peau dans une nature magnifiée. Le 10, 14 et 19. (RH)

Séraphine
de Martin Provost
Le cinéaste Martin Provost adore la simplicité et Séraphine est aisément sa plus belle pièce d’orfèvre. Ce récit lumineux et bouleversant relate l’existence de Séraphine Louis (extraordinaire Yolande Moreau), une femme de ménage qui est encouragée à peindre par un collectionneur allemand (suave Ulrich Tukur). C’est le mythe de l’artiste maudit dont le talent est refréné par les classes sociales et le climat de la Seconde Guerre mondiale. Coup de cœur total. Les 13 et 19. (MG)

The Tiger’s Tail
de John Boorman
Le FNC rend hommage cette année au célèbre Mister Deliverance avec notamment la présentation de son petit dernier, The Tiger’s Tail. Ou comment tout perdre en butant un jour contre son double maléfique. Haletant, drôle, intelligent, bien joué, le Doppelgänger revisité par Boorman tend à la maestria. À ne pas manquer. Le 10 et le 18. (RH)

3 saisons
de Jim Donovan
3 saisons, réalisé avec trois fois rien en matière de sous, mais avec une triple dose de cœur en matière de volonté, c’est un businessman infidèle, des punks paumés, un meurtrier en fuite, un père assoiffé de vengeance, un Dan Bigras jouant au bon cop et une Caroline Néron faisant des pubs de yaourt. Montréal, c’est toi ma ville? Dans ta face, Gérald Tremblay. Les 14 et 15. (NW)

Un capitalisme sentimental
d’Olivier Asselin
Croisement entre Faubourg 36 (pour ses chansonnettes kitsch) et Sky Captain and the World of Tomorrow (pour son recours automatique à des fonds bleus), Un capitalisme sentimental sent l’ingéniosité à plein nez. Il en fallait beaucoup à Olivier Asselin pour recréer Paris et New York en cette année de 1929 avec tous ces personnages qui désirent ardemment gravir les échelons de la société. Un ovni dans l’industrie cinématographique québécoise. Le 9 et 19. (MG)

Un lac

de Philippe Grandrieux
Accrochez vos ceintures: Philippe Grandrieux a encore frappé. Comme dans Sombre ou La vie nouvelle, on ne sait s’il s’agit d’un rêve ou d’un cauchemar, mais le spectacle défie tout autant la perception. Au fond d’un bois, un frère et une sœur s’aiment d’un amour rugueux, interdit. Aucune parole, mais une chair à vif profanée ou sanctifiée par une image où toutes les matières et les sons deviennent anima-lité. On peut adorer ou détester, mais il faut oser l’expérience. Les 14 et 18. (RH)

Sous la cagoule: un voyage au bout de la torture
de Patricio Henrìquez
Tout aussi engagé et percutant, le dernier film de Patricio Henrìquez (Le côté obscur de la dame blanche) retrace une petite histoire de la torture de Videla à Abu Ghraib en passant par le Guatemala et Guantanamo. Bilan, rien n’a changé depuis les dictatures militaires d’Amérique latine, sauf que la violence d’état a trouvé aujourd’hui une nouvelle légitimité: la lutte contre le terrorisme. À faire frissonner. Le 11 et 14. (RH)

Voy a Explotar
de Gerardo Naranjo
Les bonnes intentions ne sont pas toujours suffisantes. Prenez Voy a Explotar, la seconde charge du créateur de Drama/Mex. La jeunesse mexicaine en prend encore pour son rhume avec ces escapades romanesques et ultimement violentes de deux jeunes marginaux. La cinématographie stylisée est splendide, tout comme la puissante trame sonore. Malheureusement, ces éléments sont utilisés avec peu de doigté, écrasant l’intrigue sous un ton beaucoup trop précieux. Le 9 et 11. (MG)

When Life Was Good
de Terry Miles
Ouvrage fauché, When Life Was Good suit quelques adultes de Vancouver qui vivent des déceptions amoureuses. Le rendu se veut réaliste, avec cette caméra floue et ces plans rapprochés. En dehors des dialogues inégaux souvent improvisés et des personnages peu charismatiques, le faible intérêt de l’entreprise réside dans l’absence d’enjeux significatifs. En fait, il ne s’y passe strictement rien! Sans scénario, le temps peut être long. Le 12 et 13. (MG) www.icimontreal.com
Dernière mise à jour : ( 10-10-2008 )
 
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