Les Nouvelles
Double Jeu
| Double Jeu |
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| Écrit par Marianne Chouinard | |
| 26-09-2008 | |
Double jeu : double échec- Une critique littéraire par Marianne Chouinard
Des filles, Manhattan et l’amour : la recette parfaite pour écrire un best-seller de chick lit, un style qui regorge souvent de clichés. Emma et Candice, deux meilleures amies, sont à la recherche de l’âme sœur qui les fera craquer pour l’éternité. Voilà la prémisse de Double Jeu, la plus récente parution de la série Girls in the city écrit par Emma Lewinson. Là où l’histoire se corse est lorsque les deux jeunes femmes désirent partager leurs vies avec le même homme, Mark un célèbre photographe. En fait, le récit ne se corse pas vraiment. Ce qui devrait devenir un suspense reste aussi plat que l’amorce. Emma et Candice restent aussi insignifiantes que lorsqu’elles parlent de vêtements. Pourtant, l’idée de départ était bonne. Le lecteur suit les tribulations des deux copines au travers des courriels qu’elles s’échangent au fil des mois. La forme, qui est une très bonne idée, demeure toutefois très difficile pour la concentration du lecteur. Les conversations deviennent rapidement incompréhensibles. Il faut sans cesse se référer à l’expéditeur et au destinataire pour saisir l’échange. Mais lire en petits caractères Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir et Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir devient épuisant à la longue. Certes ses informations sont essentielles, mais il existe certainement un moyen de rendre le tout plus clair. Un autre point faible de Double jeu, mais davantage difficile à contourner : la traduction made in France. C’est connu, les Français ont leurs expressions particulières et nous avons les nôtres. Mais lorsque le sens de certains passages devient nébuleux en raison des expressions utilisées, la lecture n’en est qu’appauvrie. Je pose la question : avons-nous des traducteurs au Québec? Il me semble que oui. Et dans le cas où les nôtres seraient trop occupés, serait-il possible que les traducteurs français y mettent la pédale douce sur les abréviations douteuses et les expressions bleu blanc rouge. Emma (eh oui, l’auteur a donné son nom à l’un des personnages) et Candice n’aident non plus pas à rendre le livre plus captivant. Leurs conversations sont toutes aussi vides de sens les unes que les autres. Notre cher quatuor de Sex and the city apparaît comme un groupe d’intellectuels à côté des deux copines de Double jeu. Veut-on nous faire croire que la futilité nourrit les esprits de toutes les filles âgées entre 20 et 35 ans ou veut-on seulement donner raison à un certain Richard Martineau auteur d’un certain texte vilipendant la chick lit? (Elle Québec, septembre 2008, p.76) C’est effectivement un genre qui frôle l’insignifiance trop souvent. Mais nos mères ne lisaient-elles pas des romans Harlequin? Malgré ses ratés, la chick lit sait offrir de bons livres divertissants à souhait. Et j’ajouterais que ce n’est pas parce qu’on s’intéresse au Mr Big de Candace Bushnell que le Maximilien Aue de Jonathan Littell nous laisse indifférentes. Il demeure que la chick lit est un nouveau genre qui rapporte des millions. Alors, raison de plus pour que les auteurs travaillent d’arrache-pied à pondre des histoires passionnantes qui vont réussir à nous faire décrocher de notre quotidien, parce que voilà la véritable mission de la chick lit. En attendant, voici mes choix avec lesquels vous risquez moins de vous ennuyer : - Le diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger (Fleuve Noir) - People or not People de Lauren Weisberger (Fleuve Noir) - Soutien-gorge rose et veston noir de Rafaële Germain (Libre expression) |
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| Dernière mise à jour : ( 30-09-2008 ) |
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