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Ionesco
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| Écrit par Soundbeat Radio | |
| 26-09-2008 | |
La Cantatrice Chauve et La Leçon, mis en scène par Frédéric Dubois. Une critique de Mathieu Ménard
ECRIT PAR MATHIEU MENARD
La Cantatrice Chauve est un texte délirant et dénonciateur autour des difficultés de communication et d’angoisse. Ionesco, le maître de l’absurde, nous a habitués à des textes dépassant les limites de la dérision. On peut penser à Rhinocéros, cette pièce dans laquelle Ionesco manifeste son effroi devant l'éclatement contagieux du patriotisme chauvin et du racisme que plusieurs étudiants connaissent.
Ici, Ionesco veut plutôt saccager les modèles, les standards culturels traditionnels du théâtre. Les décors et l’éclairage sont déstabilisants, nous rappelant un peu l’expressionnisme allemand où tout est en angle oblique et incliné créant un déséquilibre. Le discours des personnages est semblable: des discours illogiques où les protagonistes y trouvent du sens. Preuve que l’écoute est le dernier de leur souci! Mise en scène fabuleuse, on entre dans leur univers du début à la fin. La justesse du texte d’Ionesco est interprétée à merveille par les six comédiens, plus en particulier par Sylvio-Manuel Arriola et Ansie St-Martin qui interprètent Monsieur et Madame Smith, les protagonistes principaux de la pièce. Également, l’interprète du Capitaine des Pompier, Christian Michaud, qui nous offre un pur délire absurde. Petite note intéressante: la présence sur scène du musicien et responsable de l’environnement sonore Pascal Robitaille. On n’a que peu de choses à reprocher sinon une fin un peu trop longue à mon goût. On comprend assez vite vers où le metteur en scène veut nous amener! La Leçon relate quant à elle la relation trouble entre un professeur et une étudiante menant à la fatalité, il s’agit ici d’un exercice de style, laboratoire expérimental où l’on fait un tirage au sort à l’entracte pour savoir qui interprétera le professeur et l’élève. Jusque là, aucun problème.
Par contre, aussitôt que la pièce commence, on se rend vite compte qu’ils se sont concentrés sur la Cantatrice Chauve. Pas de décor sinon un rideau blanc et un bureau. Je n’ai rien contre le minimalisme, loin de là, mais quand tu joues au jeu des comparaisons.
J’ai l’impression qu’ils ont fait cette deuxième partie en hommage au théâtre de la Huchette ou afin de donner au public l’impression qu’il en a eu pour son argent (du moins au point de vue du temps!). Si c’est pour cette dernière raison, ce n’était pas nécessaire. On est loin de rendre justice au texte de Ionesco, j’aurais préféré de loin la lire…c’est peu dire!
Une production du Théâtre des Fonds de Tiroirs de Québec
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| Dernière mise à jour : ( 26-09-2008 ) |
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