Journal ICI
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| Écrit par Journal ICI | |
| 26-09-2008 | |
L’ART DE L’INTERVENTIONPierre Thibeault Dans quelques jours, les artistes Annie Roy et Pierre Allard fêteront les dix ans d'une aventure sans pareille. Fondateur de l'Association terroriste socialement acceptable (ATSA), ces deux personnages incongrus - ceci dit dans le sens le plus noble du terme - se sont lancés en 1997 dans l'art d'intervention. Je ne reviendrai pas sur ce que je pense du nom de leur organisme que je trouve mal choisi. D'abord parce que la terreur n'est jamais acceptable et ensuite parce qu'il ne décrit en rien leurs actions. Annie Roy et Pierre Allard ne sont nullement des individus qui tentent de terroriser leur prochain. Loin de là... Je me rappelle être resté éberlué en découvrant par hasard leur toute première intervention, la fameuse Banque à bas, qu'ils avaient installé sans demandé l'avis de personne sur l'esplanade de la Place-des-Arts. Sorte d'amoncellement baroque de poêles de cuisine soudés les uns aux autres, la Banque à bas en avait surpris et choqué certains. L'œuvre avait surtout suscité énormément de curiosité parmi les gens nombreux qui déambulent chaque jour dans ce lieu. Rappelons pour ceux qui l'ignorent que la chose avait une utilité tout à fait pratico-pratique puisque vous pouviez ouvrir la porte du four de l'un de ces poêles pour y déposer des chaussettes neuves qui allaient ensuite être remises aux sans-abri du centre-ville. La suite de l'histoire de L'ATSA sera ponctuée d'événements et d'interventions en milieu urbain qui visent toujours une certaine forme de conscientisation sociale autour de la pauvreté et de nos habitudes de consommation. Chaque fois, l'art est bien sûr au rendez-vous. Mais tout ne fonctionne pas toujours sur des roulettes. Loin s'en faut. Et plusieurs se seraient découragés devant l'adversité rencontrée. Pas Annie Roy et Pierre Allard dont la force de conviction semble grandir de manière proportionnelle aux nombre de bâtons dans les roues que certaines autorités et institutions leur mettent. Aujourd'hui, du haut de leurs dix ans et quelques, les deux bourlingueurs citadins décident de faire le point. Pas un bilan au sens strict de terme, mais comme une envie de regarder quelques instants dans le rétroviseur afin de scruter le chemin parcouru. Pour ce faire, ils lancent un bouquin au tirage limité qui, bien évidemment se penche sur l'histoire de l'ATSA. Mais l'ouvrage en est aussi un de critique sociale. Chacun des «chapitres» consacrés au principales réalisations de l'organisme est agrémenté d'un texte qui propose une réflexion autour du thème abordé dans ces œuvres. Ces textes, parfois incisifs, toujours très personnels sont signés de la plume de diverses personna-lités, de Laure Waridel à Steven Guilbeault en passant par Sami Aoun, Louis Hamelin ou Patrick Beauduin. Connaissant Annie Roy et Pierre Allard, il était évident que l'ATSA ne se contenterait pas de publier un livre pour souligner ses dix années d'existence. Et ne reculant devant rien, Allard et Roy ont décidé d'ouvrir une boutique temporaire dans laquelle ils présenteront des artéfacts et autres objets ayant marqués les activités de L'ATSA en plus d'y vendre quelques produits dérivés et, pourquoi pas, vous permettre de vous livrer au troc. La boutique est située à l'angle de la rue Marie-Anne et du boulevard Saint-Laurent et quiconque est passé dans le coin dernièrement n'a pu faire autrement que de remarquer sa présence tant la chose est colorée. Le soir de l'ouverture, une soirée foraine se tiendra juste en face, dans le Parc des Portugais là où, comme me l'apprenait Annie Roy, le troc avait pignon sur rue dans les années 40. Bref, une bien belle manière de célébrer les 10 ans de l'ATSA, un organisme de l'urgence et urgent dans notre monde. Le tout, avant le grand État d'urgence, leur grand événement qui revient pour une neuvième édition dès le 26 novembre prochain. www.icimontreal.com |
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