Les Nouvelles
FRANCE LAUZIÈRE
| FRANCE LAUZIÈRE |
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| Écrit par Journal ICI | |
| 26-09-2008 | |
France Lauzière, vice-présidente, programmation de TVA.
Âge: 41 ans. Nombre de mois en fonction: 30. Émissions mises en ondes depuis sa nomination: Taxi 0-22, Dieu merci!, Les sœurs Elliot. Formation: baccalauréat en psychologie. Marie-Louise Arsenault En quoi avez-vous fait votre marque depuis votre arrivée en 2006? Probablement grâce à l’importance que j’accorde à mon équipe. J’aime m’entourer de gens qui ne me disent pas ce que je veux entendre! (Rires). J’ai une grande admiration pour les créateurs, et la façon de communiquer les décisions qui les concernent est importante pour moi. Je tiens à ce qu’on les respecte. Je ne veux pas qu’ils apprennent dans les journaux que leur émission ne sera pas reconduite, par exemple. Comment peut-on définir l’identité de TVA? C’est une télévision généraliste, qui se définit par son côté rassembleur et familial, en ayant pour objectif de créer des rendez-vous télévisuels. Beaucoup d’observateurs prédisent la fin de la télévision généraliste. Est-ce que TVA, malgré ses scores importants, est en sursis? Il est clair que nous sommes bousculés par la popularité croissante des chaînes spécialisées. Au Québec, elles touchent actuellement 40% de l’auditoire, alors que partout au monde, c’est de l’ordre de 50%. Visiblement chez nous, il y a encore de la place pour une télévision généraliste. Mais c’est devenu un défi perpétuel. On n’est pas dans une période de croissance. Cependant, l’érosion est beaucoup moins importante que ce que nous craignions, il y a un an ou deux. Comment la révolution numérique, avec la multiplication des plates-formes, a-t-elle changé votre travail? Tout a changé. Avant on faisait vraiment de la programmation pour TVA, en se contentant de placer les émissions dans la grille. Maintenant, il faut examiner les contenus afin qu’il soit possible de les décliner sur différentes plate-forme. Désormais, le consommateur veut une expérience enrichie: un complément d’information sur le web ou un cd de la trame musicale, par exemple. Jusqu’à quel point les besoins de la convergence, si chers à Quebecor, ont une incidence sur les choix que vous faites? À la programmation, la convergence est une plus-value, une machine formidable pour faire connaître nos produits. Mais, si la suggestion n’est pas de qualité, même si elle satisfait les besoins de la convergence, elle ne sera pas retenue, car on aura beau faire une méga campagne de promotion, un contenu moyen n’aura jamais beaucoup de succès. En tout cas, moi, je n’y crois pas. Les gens vont toujours choisir de regarder des choses qu’ils aiment, dans lesquelles ils se retrouvent. On ne peut pas forcer leurs choix. On a l’impression que TVA est devenue très importante pour Quebecor, qui compte beaucoup sur la chaîne, pour renflouer le reste de ses filiales. Sentez-vous cette pression? Quebecor est exigeante pour l’ensemble de ses filiales et la pression est la même pour tout le monde! Tout ce que je peux dire, c’est que si la pression était si lourde, nous n’aurions pas pu attendre quatre ans avant de refaire Star Académie. Nous aurions été forcé de niveler par le bas, de presser le citron. Au contraire, on a pu permettre au marché de respirer et aux créatifs, de renouveler le genre. Vos concurrents vous accusent de faire une contre-programmation déloyale, qui nuit aux créateurs et aux téléspectateurs. Ce que vous avez fait encore une fois, le week-end dernier, en présentant le spectacle de Céline Dion, en même temps que la première de Tout le monde en parle. Tout le monde fait de la contre-programmation. Dans toutes les industries, il y a de la concurrence. Quand je me promène, je vois souvent des Jean Coutu en face des Pharmaprix. La plus grosse soirée d’écoute dans le marché, la plus profitable, c’est le dimanche soir. Il y a deux ans, nous avions l’impression que nous délaissions nos téléspectateurs, avec une programmation faite d’acquisitions. La seule prétention que nous avons eue à l’époque, c’est d’aller chercher un auditoire que nous avions perdu. Et puis, nous n’avons pas tué le marché. Tout le monde en parle continue de faire très bien, en dépit de notre succès. En fait, c’est l’auditoire global qui a augmenté, ce qui est bien pour tous. Programmer des émissions les unes contre les autres, alors que les gens regardent de plus en plus les émissions quand ils le veulent, grâce à Tivo ou Illico, ce n’est pas un peu désuet? Je pense que des rendez-vous télé, des points d’ancrage, il y en aura toujours. Il y a des types d’émissions, que l’on ne veut pas regarder autrement que pendant leurs diffusions initiales. Les galas ou les matchs de sport, par exemple. Parlons du type d’émissions qui ont disparu de votre chaîne depuis quelques années. Les séries lourdes, d’abord. Pour les séries lourdes à 700 000 ou 800 000$ par épisode, je dis toujours que nous avons pris une pause, que nous cherchons la façon d’en produire rentablement. Ça fait partie de notre réflexion, c’est important pour nous. On sait que les rendez-vous de fiction sont une partie intégrante de la culture des Québécois. Les émissions culturelles? Le problème avec ce type d’émissions, c’est qu’elles sont dépassées par ce que l’on trouve sur le web. Si vous aimez un artiste, vous pouvez facilement trouver des clips, des critiques, des entrevues et toutes les informations dont vous avez besoin. En ce moment, pour nous, le défi est de trouver la nouvelle forme, la bonne façon de proposer le même contenu, mais autrement. En fait, ce qui se passe avec les magazines culturels, c’est la même chose que ce qui s’est passé avec les variétés il y a quelques années: le genre s’est usé. Puis, des émissions comme Tout le monde en parle et Dieu Merci! sont apparues. Alors, j’ai confiance que nous allons trouver une autre formule. Est-ce que TVA est rentable? Oui, nous ne sommes pas à plaindre. Mais tout cela est très fragile. Nous sommes tributaires de la santé économique du pays, du monde. Il s’agit par exemple, qu’un joueur important comme GM ferme, pour que nous essuyions des pertes considérables. Et pour une entreprise comme la nôtre, quand ça dégringole, c’est à coups de millions. Alors ça peut aller très vite. www.icimontreal.com |
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| Dernière mise à jour : ( 26-09-2008 ) |
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