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Écrit par Journal ICI   
26-09-2008


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Image Une gigantesque exposition, «œuvre d’art totale», recrée en direct l’expérience musicale d’Andy Warhol.
 
Patrick-Guy Desjardins

Après avoir abordé les liens entre l’art et la mode avec une exposition consacrée à Yves Saint-Laurent, le Musée des beaux-arts de Montréal saisit la balle au bond en présentant Warhol Live, une grande exposition-événement qui explore le rôle de la musique et la danse dans l’œuvre d’Andy Warhol (1928-1987), premier représentant du pop art américain. Grâce à la collaboration du Andy Warhol Museum de Pittsburgh, l’exposition regroupe par thèmes dans une douzaine de salles plus de 600 objets et œuvres pour offrir aux visiteurs une perspective globale et sans précédent sur son art.

On y reproduit l’atmosphère de la Factory, la frénésie de l’Exploding Plastic Inevitable et l’ambiance musicale du Studio 47, la célèbre discothèque que fréquentait Warhol. On y verra ses classiques, les soupes Campbell’s, les nuages argentés, les boîtes Brillo, ses films Empire et Sleep et les fameux «screen tests», mais aussi ses nombreux portraits de chanteurs. L’exposition raconte sa passion pour la musique et les musiciens: qu’il s’agisse de Mick Jagger, Liza Minnelli ou Debbie Harry, il admire leur charisme et la beauté particulière qui leur permet d’exercer une si grande attraction sur les masses.

Outre la célèbre pochette à peler de l’album du Velvet Underground and Nico, révélant une banane rose, et la véritable fermeture-éclair sur Sticky Fingers des Rolling Stones, Warhol réalisa des pochettes de disque tout au long de sa carrière, couvrant un répertoire allant de Thelonious Monk à Chopin, de Tchaikovsky à Paul Anka. Une cinquantaine de ces œuvres peu connues font partie de l’exposition; on découvre un mélomane curieux de la nouveauté et aux goûts diversifiés. La publication du catalogue de l’exposition, sous la direction de Stéphane Aquin, ainsi que du catalogue raisonné des pochettes de disques réalisé par le collectionneur Paul Maréchal, premiers ouvrages traitant de ce versant encore inexploré de l’oeuvre, fait aussi événement. Ce sont de beaux livres de grand format, abondamment illustrés, contenant des essais et beaucoup de matériel inédit.

Warhol, qui se disait marié à son enregistreuse à cassette, entretenait un rapport primordial avec l’univers des sons. L’exposition Warhol Live présente la musique comme une composante qui dynamise et donne le ton à toute sa pratique artistique; et la danse, en chorégraphie ou dans une boîte de nuit, par l’écoute corporelle et sonore, devient un complément naturel à l’art de Warhol qui, d’après la directrice du Musée Nathalie Bondil, «voyait la musique».

CÉLÉBRITÉ POUR TOUS
Toute sa vie fasciné par l’univers du cinéma hollywoodien, ses superstars et les beautés qu’il produit, Andy Warhol a été particulièrement sensible au rôle accordé aux icônes populaires et aux  «beautiful people» dans la culture et la société de son temps. Au-delà de l’introduction en peinture de logos et d’acteurs cultes, son art a trouvé dans les lumières de la célébrité ses images, ses ombres et ses reflets. En représentant des sujets touchant à l’imaginaire collectif, que ce soit des superstars, des produits de consommation ou des désastres, il rend floue la distinction entre surface et profondeur. Il a donné du glamour au trivial, du glamour au glamour. Pour lui, la meilleure raison d’être une star réside dans le fait de connaître réellement les gens dont la vie fait le contenu des journaux à potins.

En faisant de la célébrité le moteur de sa pratique artistique, son travail et ses oeuvres ont connecté, par leur fond commercial commun, les musées et les galeries avec la culture populaire. Ironiquement, dans son livre Ma philosophie de A à B, c’est l’idéal égalitaire de la société américaine qu’il prend en exemple pour expliquer le nivellement qu’il applique sans discrimination apparente: les riches et les pauvres y boivent le même coca-cola, ils y mangent les mêmes hot-dogs à un dollar lors d’une partie de base-ball... La galerie d’art leur offre le pop, comme on en trouve dans les magasins à grande surface ou au supermarché. Warhol est une publicité vivante pour son art et son esthétique: «Mon style consistait à m’étendre, quoi qu’il arrive, plutôt qu’à m’élever. Pour moi, l’échelle du succès était beaucoup plus sur les côtés que proprement verticale.» www.icimontreal.com
Dernière mise à jour : ( 26-09-2008 )
 
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