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Écrit par Journal ICI   
22-09-2008


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Image AMBIGU, Par Pierre Thibeault

Les artistes se mobilisent et Harper ne bronche pas... Des événements s’organisent un peu partout au Canada, plus encore ici-même au Québec, comme le concert auquel nous consacrons cette semaine notre page couverture, et le premier ministre n’entend pas. Ou ne veut pas entendre. Ce qui revient au même. Dans une récente chronique, j’affirmais que ces compressions budgétaires, ces annulations de programmes destinés à venir en aide aux artistes n’affecteraient probablement pas les intentions de vote envers le gouvernement Harper. Pire, écrivais-je alors, ces mesures assez radicales merci auraient peut-être même l’effet de mousser la popularité des Conservateurs.

Un sondage révélait justement il y a quelques jours que le parti de Stephen Harper était désormais au coude à coude avec le Bloc dans les intentions de vote des Québécois. Sans vouloir affirmer que cette surprenante hausse est directement liée aux compressions dans le secteur de la culture, force est d’admettre que malgré elles, les Québécois sont aujourd’hui plus nombreux à se réclamer de Stephen Harper qu’il y a six semaines. Ce qui, une nouvelle fois, me laisse perplexe quant au rapport ambigu que nous entretenons avec la culture. D’un côté, nous nous réclamons d’une culture distincte, nous investissons massivement dans les industries culturelles, nous défendons l’exception culturelle sur toutes les tribunes internationales... De l’autre, nous regardons nos artistes se démener comme diable dans l’eau bénite pour dénoncer des compressions qui les visent et, dans un geste de solidarité sans pareille, nous récompensons l’auteur des compressions en lui promettant un soutien électoral plus massif que s’il n’avait pas été de l’avant avec ces mesures...

DIEU...
Lorsque nous nous référons à Dieu, très souvent, nous mentionnons son omniscience et son omniprésence. Dieu est partout, nous répétait-on sans cesse au petit catéchisme. Je ne suis toujours pas convaincu de l’existence de Dieu, mais après deux semaines passées en France, je peux affirmer sans sourciller qu’Il n’est plus le seul à être partout. Il a de la compétition, féroce même, de la part d’un certain Nicolas Sarkozy. Le président français se mêle de tout. De la visite du pape en France, aux affaires étrangères en passant par la culture du topinambour au Guatemala occidental, l’homme est partout, a son avis sur tout et ne se gêne pas pour le donner en long et en large. On en vient même à se demander à quoi peut bien servir le Conseil des ministres.

Et quand ce n’est pas lui qui s’exprime, les journalistes commentent ses propos, les humoristes se foutent de sa gueule et de sa nouvelle femme qu’il vient d’acheter en Italie, les politiciens dénoncent ou applaudissent ses actions, les Français ordinaires parlent de lui au bistro, dans les restaurants ou simplement dans la rue, les artistes et les intellectuels s’épanchent sur son cas, bref, la France toute entière ne semble tourner qu’autour de la figure de ce président. Plusieurs là-bas lui reprochent de désacraliser la fonction même de Président. Après 15 jours passés chez nos cousins, je crois plutôt que cet homme fait le contraire. Jamais un président n’aura autant monopolisé l’attention du pays entier comme il sait le faire. Étonnant...

LE QUÉBEC EN FRANCE
Hormis l’omniprésence sarkozienne, il a quand même été possible d’entendre parler du Québec durant ces deux semaines en France. Trois petites fois. La première, c’est à la radio. J’y ai appris que c’est Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture et de la Pêche, qui s’occupe des festivités du 400e de Québec au gouvernement français. Pourquoi ce ministre là? Fouille-moi...

À la radio encore, une jolie chanson du groupe français Volo, une chanson intitulée «Montréal». Extrait: «On s’est séparés / Devant une vitrine / Toute illuminée / D’la rue Ste Catherine / Perdu rue Rachel / J’ai dû marcher trop / Faut que j’me rappelle / Où j’prends mon métro / Les rues les quartiers / J’les connais à peine / J’fume des Du Maurier / Que d’puis une semaine / Chuis mêlé, je m’emmêle les pédales / Chuis tout mêlé dans les rues de Montréal»...

Et puis la brasserie Le Québec dans la ville de Nice où l’on peut déguster fèves au lard et poutine sur une jolie terrasse... Universels nous sommes... www.icimontreal.com
 
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