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MOTS D’ESPRITS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Journal ICI   
22-09-2008


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Furl!
Image Après avoir terrorisé les troupes dans l’original The Office, le très british Ricky Gervais s’aliène la race humaine dans Ghost Town.

Mais tout change le jour où il rencontre l’amour... et un fantôme. Discussion autour d’une histoire à dormir debout.

Natalia Wysocka

Pour qu’il accepte de participer à Ghost Town, Ricky Gervais avait deux conditions: pas de baisers et surtout, pas de nudité. «Sincèrement, qui voudrait me voir à poil?» s’est-il exclamé lors d’une table ronde particulièrement animée qui s’est tenue lors du dernier Festival international du film de Toronto. Ignorant notre «Tout le monde!» enthousiaste, le créateur et héros de la version britannique originale de la télésérie The Office (devenue La job au Québec, Le bureau en France mais restée The Office aux États-Unis) s’est indigné des finales hollywoodiennes à l’eau de rose. «Une de mes œuvres préférées, c’est L’appartement de Gilles Mimouni. Et il finit comment, ce film? Eh oui, avec la fille qui dit “Tais-toi et mise”. Tout simplement. Je voulais que Ghost Town finisse d’une manière semblable.»

Le comédien, sur une sérieuse lancée en continent nord-américain depuis les succès consécutifs de The Office et Extras, affirme avoir attendu longtemps pour trouver un rôle qui lui plaisait autant que celui-ci: «Dans les cinq dernières années, j’ai reçu des montagnes et des montagnes de propositions. C’était sans contredit le meilleur scénario que j’ai pu lire pendant tout ce temps.» Sans commentaire.

«Je suis immédiatement tombé sous le charme de ce dentiste absolument abject et rempli de haine pour l’humanité. Il faut dire que j’ai toujours eu un faible pour ces grandes gueules qui passent leur temps à critiquer les autres mais qui, au final, se retrouvent seules et abandonnées. Je pense par exemple à Groucho Marx ou encore, à Woody Allen.»

Alors qu’il lisait le scénario, c’est néanmoins à John Cusack que Gervais a pensé: «J’ai appelé les producteurs et je leur ai dit: “Personne ne voudra aller voir ce film si c’est moi qui tiens la vedette! Vous devriez plutôt appeler Cusack.”»

Fausse modestie? Sincère humilité? Qui sait. L’acteur ne nous a guère laissé le temps de spéculer. Déviant du sujet, il s’est lancé dans un monologue sur l’urgence de remplacer la fourrure des casques portés par les gardes de Buckingham Palace par de la fourrure synthétique. Chacun ses fantômes.

SPECTRES AND THE CITY
Dans Ghost Town, Manhattan devient une destination de choix pour les habitants de l’au-delà. Greg Kinnear qui incarne un revenant? Décidément, la comédie romantique est dans de beaux draps.

Il est de ces genres qu’il est franchement difficile de défendre. Et ce, malgré toute la bonne volonté du monde. Malheureusement, romance et au-delà font rarement bon ménage. Maudit Ghost. Son spectre flotte encore et toujours au-dessus de toute production qui se risque au défi de marier chair et esprits.

L’opus de David Koepp (scénariste d’obscurs films indépendants tel Jurassic Park, Indiana Jones ou encore Spider-Man) ne fait guère exception à la règle. On y suit le parcours d’un dentiste haineux (Ricky Gervais, couci-couça) qui meurt lors d’une intervention chirurgicale, puis par miracle, revient à la vie. Le seul souci, c’est que désormais, il voit tous les fantômes qui peuplent Manhattan. Et il y en a beaucoup. Mais l’un d’entre eux (Greg Kinnear, laissez-nous rire) refuse obstinément de le laisser tranquille. La raison? Il veut que le dentiste mette un frein au mariage imminent de celle qu’il aimait de son vivant, mais qu’il trompait à tour de bras (ironiquement incarnée par Téa Leoni, la femme de David Duchovny).

S’il touche par son désir flagrant de sincérité, l’opus, d’une naïveté désarmante, peine néanmoins à réellement intéresser le spectateur. C’est gentil et tout, mais sincèrement, on s’en fout un peu que la nana se marie ou pas, que Kinnear retrouve la paix d’esprit (oh oh) et que Gervais retourne tranquillement à ses dentiers et ses plombages. On dira ce qu’on voudra: une comédie romantique sans baisers (sous toutes ses formes), ce n’est pas une comédie romantique. Et comme le film n’est pas particulièrement drôle non plus, on se demande... mais quessé ça? (NW) www.icimontreal.com
Dernière mise à jour : ( 22-09-2008 )
 
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