Les Nouvelles
Brigitte Haentjens
| Brigitte Haentjens |
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| Écrit par Journal ICI | |
| 22-09-2008 | |
LES MOTS EN SCÈNE, par Maxime Catellier
Brigitte Haentjens livrera son récit Blanchie dans le cadre du Festival international de littérature (FIL), tout comme Marie Chouinard qui vient nous lire son Chantier des extases, accompagnée par le piano de Rober Racine. Rencontre avec trois artistes hors du commun. Si la plupart du temps, Brigitte Haentjens met en scène, cette fois-ci, c’est elle qui montera sur les planches de la Cinquième salle de la Place des Arts, un livre pour tout costume, une voix pour tout décor. A-t-elle hésité avant d’accepter l’invitation de Michelle Corbeil, directrice générale et artistique du FIL? «Il faut pas que tu réfléchisses trop longtemps, parce que sinon tu le fais pas!» Quant à Marie Chouinard, c’est à la faveur du lancement de son recueil de poèmes Chantier des extases, dans les locaux de sa compagnie de danse, que l’invitation lui fut lancée. «J’avais monté un échafaudage de chantier dans le local, dit-elle, et on avait monté le piano de Robert là-dessus. Après la petite performance d’une dizaine de minutes, Michelle nous a proposé de faire le recueil au complet pour le FIL, et on a dit oui. Vite de même.» Ainsi, nos trois comparses se sont lancés respectivement dans cette aventure, avec ce que ça comporte de beau et de difficile. «Ça a été un long travail d’écriture, nous confie Marie Chouinard. J’ai travaillé quatre ans de temps, la nuit, pour écrire ce petit livre-là. Pour le vérifier, je le disais à voix haute. C’était ça qui me confirmait si ça marchait ou non. Je l’essayais déjà verbalement. Je voulais que le rythme soit bon, que ça se dise. Mais devant un public, c’est complètement différent. La présence de Rober me fait énormément de bien. C’est la respiration, le souffle. Et on avait établi dès le début, Rober et moi, qu’il ne jouait pas en même temps. Je parle, il joue. Pas de mélange.» «J’ai aussi écrit le livre sur presque quatre ans, poursuit Brigitte Haentjens, en le travaillant à l’oral. Mais ce qui m’a gênée, en me préparant pour le dire à la scène, ce sont des choses toutes simples. Ce ne sont même pas les bouts les plus hard. C’est: “Il arracha ma culotte blanche”, des trucs pas nécessairement vulgaires, mais intimes. Dans le cadre d’un livre, tu ne sais pas qui le lit, ce n’est pas comme un spectacle. Quelqu’un sur la rue m’a abordée l’autre jour, et me disait combien cela avait dû être dur. De l’avoir écrit, je me demandais en moi-même? Mais non, de l’avoir vécu! Il s’imaginait que ce que je racontais là-dedans était une histoire vécue! En ce sens-là, ce “je” de mon récit, qui pourrait être autobiographique, c’est un peu gênant de le présenter devant le monde.» L’INVISIBLE L’écrivain n’est plus un élément visible de sa société, on le sait. D’où une certaine visibilité des artistes de la scène qui décident de publier. Les médias s’attendent-ils à quelque chose de moins littéraire, de plus spectaculaire? «En tout cas, préviens ton monde que je ne danserai pas! lance Marie Chouinard. Non, je vais lire. Mettons ça au clair.» Pour Rober Racine, qui pratique les arts visuels et a signé déjà plusieurs romans, cela ne fait aucun doute. «Être écrivain, c’est beaucoup moins spectaculaire que quelqu’un qui est dans les arts de la scène, explique-t-il. Mais c’est un choix. Comme pour les arts visuels, qui sont carrément invisibles! Y a-t-il quelque chose de moins visible que les arts visuels, dans la société? Mais dans toute ma vie, je n’ai jamais pensé à ça. C’est une question de personnalité. Je ne suis pas un narcissique. Le plus important, c’est que ça puisse exister. Est-ce que ça va plaire ou pas, je n’ai aucun pouvoir là-dessus. Même si on m’en donnait, je ne le prendrais pas. Ça ne m’intéresse pas d’aller jouer dans les bibittes du monde. Ce que j’écris, c’est sûr que j’en vendrai jamais 500 000! Pis c’est correct. » «Je trouve qu’il faut saisir l’opportunité de découvrir deux auteures, poursuit-il. Et il y a une part de risque. Il faut être très humble pour aller lire ça en public. Et je pense que ce sont deux livres qui ont été écrits pour être lus. C’est très généreux de leur part. Et si ça peut donner envie à quelqu’un d’écrire, ou de continuer ce qu’il fait déjà, c’est merveilleux.» Et Brigitte Haentjens de conclure: «On ne sait pas ce qui se passe dans le cœur des gens. Le chemin de l’art dans les êtres, c’est très mystérieux.» www.icimontreal.com |
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| Dernière mise à jour : ( 22-09-2008 ) |
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