Journal ICI
En plein cœur
| En plein cœur |
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| Écrit par Journal ICI | |
| 05-09-2008 | |
«UN FILM À MESSAGE? JAMAIS!»
En plein cœur, le premier film du Québécois Stéphane Géhami, est à l’image de son auteur: direct et sans compromis. Rencontre. Rachel Haller Ce film a représenté un grand sacrifice pour vous... J’ai dû vendre mon condo pour le réaliser. La SODEC et Téléfilm Canada m’ont refusé trois fois en production. Mais ce n’était pas un sacrifice. Je n’ai d’ailleurs pas regretté une minute ma décision. Ne pas le faire aurait été un bien plus grand sacrifice. Avoir été sélectionné en compétition au FFM doit vous paraître un joli pied de nez... (Rires) D’autant plus que mon film a été acheté en France et qu’il va être diffusé à Paris, et dans le monde entier. D’ailleurs, que pensez-vous des coupes budgétaires annoncées dans le domaine de la culture? Tout le monde en parle, mais quand vient le temps d’aller voir des films comme le mien, les salles restent vides, ou presque. Trouvez-vous que le public québécois ne soutient pas assez son cinéma? Je ne veux pas m’embarquer là-dedans (rires). Disons que les journalistes aiment dénoncer ce genre de décisions, sauf que ces mêmes journalistes, lorsqu’ils écrivent un article sur le FFM, vont préférer l’illustrer avec une photo d’un film américain plutôt qu’avec celle d’un film québécois. Ils invoquent alors les directives de leurs supérieurs, mais ils pourraient aussi mettre leur culotte. C’est facile de dénoncer, sans prendre ses responsabilités. Pour revenir à En plein coeur, quelle idée y avez-vous poursuivie? Je voulais absolument montrer un film râpeux, un film pas fini; en fait, un film comme la vie. Un peu à l’image des œuvres de Pierre Perreault ou de Jean Vigo. Je voulais surtout montrer de vrais personnages qui sont mal dans leur peau, qui ne sont pas nécessairement aimables et bons, qui ne font pas toujours les bonnes affaires. Mais sans prêcher et sans vouloir transmettre un message. Pour moi, le cinéma n’a pas ce rôle. On en fait parce qu’on aime telles images ou tels sons. Si on veut faire passer un message pourquoi ne pas se contenter d’un article de journal, c’est bien moins de trouble et d’argent pour le même résultat. Pourtant, votre film est planté dans un décor très typique: les rues et ruelles cabossées d’Hochelaga et de Saint-Michel... Parce que c’est ce qui convenait le mieux aux personnages. À aucun moment, je n’ai voulu tomber dans le social. Je trouve ça bien trop lourd. Mon sujet, c’est un petit gars qui cherche un père et un homme qui cherche l’amour, c’est tout. Votre protagoniste n’est pas vraiment un «homme rose», il est brutal, il communique mal... Aujourd’hui, on ne voit jamais de films sur de vrais gars. C’est toujours des hommes roses, comme vous dites, super conscients de ce qu’ils sont, de leurs problèmes. Moi, je n’y crois pas. Dans la vie, on se trompe, on s’engueule, on est brutal. Le reste, ce sont des contes de fées. D’où les scènes d’amour très crues? J’en suis très fier, car elles sont rarement traitées aussi frontalement. C’est d’ailleurs sur la base d’une de ces scènes que Serge Losique a sélectionné mon film pour la compétition du FFM. Alors pourquoi ce côté animal dans les scènes de sexe? Parce que Benoît est comme ça. Parce qu’on fait l’amour, comme on est, comme on vit. www.icimontreal.com |
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| Dernière mise à jour : ( 05-09-2008 ) |
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