| Katyn |
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| Écrit par Marianne Chouinard | |
| 02-09-2008 | |
Katyn, un secret qui fait malAbattu d’une balle dans la tête et enterré dans une fosse commune creusée en pleine forêt. Des massacres de ce genre ont servi à éliminer un nombre incalculable d’êtres humains au cours de la Deuxième Guerre mondiale. C’est l’un de ces massacres que raconte Katyn, le dernier long-métrage de Andrzej Wajda cinéaste polonais, présenté hors-concours au Festival des films du monde de Montréal. En avril 1940, des milliers de militaires polonais ont été assassinés en divers lieux par les services secrets du NKVD (police politique soviétique). La forêt de Katyn, situé à l’ouest de la Russie, fut le théâtre de l’un de ces massacres. Entre 4000 et 5000 corps y ont été retrouvés. Le 17 septembre 1939, deux semaines après les Allemands, l’armée Rouge envahit la Pologne. La confusion est totale dans la population polonaise. Les uns fuient la Wehrmacht, les autres prennent le large avant l’arrivée des Soviétiques. Lors de cette invasion, 200 000 membres de l’armée polonaise sont faits prisonniers de l’armée Rouge. Parmi ceux-ci se trouvaient aussi des intellectuels, des agents de police et des militaires de réserve. Jugés contre-révolutionnaires, ils furent envoyés dans des camps. La fin est connue : ils ne reverront jamais leurs familles. Le hic de cette tragédie, outre les morts, réside dans le déni de l’Union Soviétique. Après la guerre, les Soviétiques ont tenté d’attribuer la faute de ce massacre aux nazis. Ce n’est qu’en 1990 qu’ils vont reconnaître leur responsabilité. Les documents concernant Katyn demeurent toutefois secrètement archivés dans les classeurs des autorités russes. On veut bien admettre sa faute, mais de là à tout dévoiler… Il demeure que des gens comme Andrzej Wajda voudraient bien savoir. Son père faisait partie du nombre des victimes de Katyn. Encore aujourd’hui, on ne sait pas combien de Polonais ont été tués à Katyn et lors des autres massacres. Des femmes, des mères, des sœurs ont attendu pendant des années le retour des prisonniers. Ce sont principalement celles-ci que l’on suit dans le film de Wajda. L’attente. L’angoisse. L’inquiétude. La frustration de ne pas savoir. L’espoir d’entendre ses pas à la porte. Toutes ces choses qui peuvent miner la vie d’une femme qui attend toujours le retour de son mari. Remarquablement bien reconstitué, le film nous fait (re)vivre la Pologne des années 40 sous l’emprise du régime communiste russe. Régime qui sut si bien utiliser la propagande afin de taire la vérité. Petit à petit, le voile s’est levé pour mettre à jour la fin tragique des militaires polonais. Perdre un être cher demeure une épreuve difficile, mais ne pas savoir peut s’avérer tout aussi sinon plus difficile. Il y a aussi ceux qui ont su et qui ont voulu rendre hommage à leur proche. Par exemple cette sœur qui veut faire graver une stèle funéraire en l’honneur de son frère mort à Katyn, ce que les autorités voient d’un très mauvais œil. Selon la Corporation Québec-Pologne pour les Arts, ce film est fondamental pour les Polonais du monde entier. Enfin, ils ont eu la possibilité de poser des questions. Ce film se doit d'être vu, ne serait-ce que pour comprendre un peu plus la guerre de 39-45, ce conflit qui a changé la face du monde. Politique, territoriale, ethnique, la Deuxième Guerre mondiale est un pan de l’histoire considérablement complexe. C’est donc une chance que des films comme Katyn existent. Ils ne nous feront jamais comprendre le conflit dans son ensemble, mais ils ont le grand mérite de nous rappeler le plus important : la Deuxième Guerre mondiale a fait grosso modo 60 millions de morts. Ce sont eux qu’il ne faut pas oublier. |
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| Dernière mise à jour : ( 02-09-2008 ) |
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