Journal ICI
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| Écrit par Journal ICI | |
| 25-08-2008 | |
Trois films, trois
actrices, un festival: À l'occasion de l'ouverture du FFM, Pascale
Bussières, Julie Deslauriers et Évelyne Gélinas nous parlent des films
dont elles sont les héroïnes.
Trois fois plutôt qu'une. Natalia Wysocka Sans tomber dans le sentimentalisme gnangnan ou le féminisme primaire, force nous est de constater qu'il est réellement impossible de rester insensible à l'énergie foisonnante et à la luminosité contagieuse qui envahit les lieux à ces quelques jours de l'ouverture du Festival des films du monde. Représentantes passionnées des œuvres auxquelles elles ont chacune apporté leur touche bien personnelle, Pascale Bussières (Nothing Really Matters de Jean-Marc Piché, catégorie «Regards sur les cinémas du monde»), Julie Deslauriers (En plein cœur de Stéphane Géhami, compétition mondiale) et Évelyne Gélinas (Ce qu'il faut pour vivre de Benoît Pilon) ne se font guère prier pour parler de ce qui les a tant séduites dans les scén arios qu'elles se préparent aujourd'hui à défendre. Car oui, dans notre monde actuel fait de coupures, de dollars et de blockbuster, c'est bien de défense dont il s'agit malheureusement trop souvent. Et avec le récent charcutage effectué par le gouvernement fédéral dans nos programmes culturels, le terme semble, tristement, d'autant plus approprié. «On a tant de choses à dire, tant de mots à faire entendre! La culture, c'est ce qui fait connaître un pays, c'est la voix d'un peuple. C'est elle qui nous donne notre force», s'exclame Évelyne Gélinas. La question se pose d'autant plus lorsque l'on sait que Stéphane Géhami, réalisateur d'En plein cœur, a dû vendre son condo pour réaliser l'œuvre dont il rêvait. «Si c'est normal qu'un artiste avec une vision doive vendre sa demeure pour faire un film? Nooon, je ne crois pas», s'avance Julie Deslauriers qui incarne une des héroïnes de ladite production. Vedette de l'indépendant Nothing Really Matters qui, à l'heure où nous écrivons ces lignes n'a toujours pas trouvé de distributeur, Pascale Bussières renchérit: «Le véritable problème se pose au niveau du partage. Il n'y a pas assez de payeurs de taxes pour financer tous nos créateurs. De plus, on n'est pas bien servis par le gouvernement. C'est un manque de volonté politique.» Nouveau regard Sans vouloir faire de politique, justement, on aborde la fameuse question FFM et de ces critiques qui le taxent à qui mieux mieux d'événement qui n'est «plus c'qu'y'a déjà été». «J'ai beaucoup fréquenté le FFM en tant que spectatrice, accorde Bussières. Je m'y suis emmerdée par moments et j'y ai vu de très bons films par d'autres. En cela je trouve que c'est un festival très démocratique.» «De mon côté je suis ravie d'y participer, observe Deslauriers. De savoir que le projet auquel tu as participé a été choisi par des gens qui ont un plus grand pouvoir que toi pour les mêmes raisons qui t'ont poussé à participer au projet, c'est fantastique».«J'approuve: il n'y a jamais trop de festivals. Si ça permet à une œuvre de se faire voir, tant mieux!» conclut Gélinas. Le rôle de sa vie Réunir trois actrices aux personnalités si définies suppose que l'on aborde la grande question de la condition féminine au cœur du septième art. Car des rôles de femmes, des vrais, sans décolletés vulgos gratuits, dénués de clichés niais répétés à souhait et non teintés d'une hyper sexualisation générique, y en a-t-il réellement autant qu'on le voudrait? «Il y en a, mais il pourrait toujours y en avoir plus, soutient Gélinas. Pour Ce qu'il faut..., par exemple, je considère que j'ai été privilégiée. Ce n'est peut-être pas un premier rôle, mais c'est un grand rôle féminin. On n'est plus habitués à voir des personnages de filles aussi dévouées, aussi enclines à aider l'autre. On dirait que ce n'est plus la mode. Heureusement, il y a des Micheline Lanctôt, des Paule Baillargeon, des Lyne Charlebois...» De renchérir Deslauriers: «Je crois que pour être actrice de nos jours, il faut être moins frileuse, plus encline à se dévoiler, davantage prête à s'abandonner. On ne focalise plus autant sur l'image et sur la nécessité de la préserver. Aujourd'hui, tout est dans le vrai. Et c'est ce qui rejoint le public.» «C'est ce qui m'a attirée dans Nothing Really Matters: pouvoir jouer une artiste qui n'est pas dans la vingtaine. Car c'est sûr que trouver de bons rôles est une entreprise qui devient plus difficile en vieillissant, conclut Bussières dans un éclat de rire. Mais comme il y a de plus en plus de femmes qui réalisent, je me dis qu'il y a de l'espoir...» www.icimontreal.com |
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| Dernière mise à jour : ( 25-08-2008 ) |
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