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| Écrit par Journal ICI | |
| 25-08-2008 | |
Par Le culte de la personnalitéMarie-Louise Arsenault Alors que dans la vie, tout est éphémère et que tout le monde change, inexorablement, la télé québécoise, elle, continue de s'accrocher à ses têtes d'affiche. La nouvelle saison qui débutera bientôt tend à prouver que l'on mise encore une fois sur la personnalité des individus qui seront en ondes. Ainsi, au Québec, on parle rarement de l'excellence d'une équipe, de la pertinence d'une idée ou d'un créateur mais on aime beaucoup, beaucoup, la vedette. Par exemple, la grande nouveauté de TVA, du moins celle qui a suscité le plus de mouvements médiatiques lors de son annonce, sera l'arrivée en janvier prochain de René Angelil à titre de directeur de la Star Académie. Pendant ce temps, Radio-Canada semble beaucoup miser sur l'apparition «spontanée» du journaliste Patrice Roy qui, après Raymond Saint-Pierre, Simon Durivage, Pascale Nadeau, sera le nouveau lecteur de nouvelles du 18 heures. Dans le même temps, aux Etats-Unis, c'est Alan Ball et J.J. Abrams qui emballent les diffuseurs. C'est en tout cas avec le nom de ces scénaristes que l'on mousse les deux nouvelles séries phares de l'automne américain. D'abord True Blood, un univers de vampires créé par Ball, (auteur de Six Feet Under), qui prendra l'affiche sur la chaîne HBO à compter du 7 septembre. Et puis Fringe, une autre histoire de disparition mystérieuse imaginée par Abrams (l'idéateur de Lost) et qui sera en ondes à partir du 9 septembre prochain. Ainsi, en ce moment, lorsqu'on zappe d'une chaîne américaine à une chaîne québécoise, un exercice toujours éclairant, on se rend compte qu'aux Etats-Unis, même si on ne détient pas le monopole du bon goût, on mise souvent sur l'imaginaire des créateurs. Au Québec, on se contente souvent de vous rappeler que «vos vedettes» vous attendent impatiemment. Et ça vous excite beaucoup, n'est-ce pas ? Le fan club Selon un sondage réalisé par le Pew Reasearch Center, 32% des utilisateurs d'Internet sont membres des très populaires sites d'échanges sociaux. Or, les chaînes télé, qui constatent qu'une partie grandissante de leur auditoire potentiel préfère désormais le web pour s'informer, sont de plus en plus nombreuses à créer des espaces sur des plateformes comme Myspace ou Facebook. De grandes entités médiatiques comme ABC ou MSNBC se mettent donc en quête d'amis virtuels. La chaîne Fox, qui appartient pourtant à Rupert Murdoch et à son News Corporation, (propriétaire de Myspace) vient de créer sa propre antenne sur Facebook, devenu rapidement, il faut l'admettre, beaucoup plus populaire que Myspace. Depuis mardi dernier, on peut donc trouver la page de Fox News sur Facebook, un espace semblable à celui d'un groupe pop (ou d'une jeune fille de 17 ans particulièrement populaire), où «les amis» de la chaîne peuvent visionner des clips, s'enthousiasmer entre eux et émettre des commentaires. Or, ce qu'il y a d'inquiétant dans ce genre de manœuvre intéressée de la part des grands médias, c'est qu'ils livrent ainsi information sous la forme d'un fan club géant, où les téléspectateurs sont transformés en groupies qui s'exclament : «FOX rocks» ! Pour le regard critique donc, nécessaire à toute diffusion, on repassera. Les cyniques Heureusement pour ceux qui ne gobent pas tous ce qu'on leur sert en souriant béatement (et ils sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit), il y a aussi de nombreuses sources de contentement. Prenez Infomania, une émission diffusée sur Current.tv et qui est disponible sur le site de la chaîne, au www.current.com . Avec Infomania, qui analyse chaque semaine à l'aide d'un groupe de jeunes collaborateurs allumés le contenu des médias de masse (télé, magazine, web), on rigole beaucoup, on dénonce un peu et on ne se gêne pas pour mettre en lumière les excès des médias en tout genre. Dans l'édition de la semaine dernière de l'émission, on se moquait des marques comme McDonald's et Home Depot et de la maladresse avec laquelle elles se sont, coûte que coûte, associées aux Jeux olympiques. On dénonçait aussi l'obsessive arrogance des Américains, qui sont allés jusqu'à analyser la morphologie des gymnastes chinoises afin de prouver qu'elles n'avaient pas l'âge minimum requis pour participer aux compétitions. Un regard délinquant et incisif qui fait le plus grand bien, je vous assure. www.icimontreal.com |
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