Journal ICI
Le psychotrope infecté
| Le psychotrope infecté |
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| Écrit par Journal ICI | |
| 25-08-2008 | |
Véritable ovni dans
l'industrie cinématographique de la Belle province, Truffe est une des
rares œuvres québécoises qui s'abreuvent au film de genre. Un oasis à
la fois réconfortant et dépaysant.
Martin Gignac Kim Nguyen semble être un cinéaste aussi maudit que Terry Gilliam. Son premier film Le marais a vu le jour à la fin de 2002 dans l'indifférence presque généralisée, compressé entre Harry Potter et Lord of the Rings. La cité des ombres est toujours en tournage et le principal intéressé a dû écrire une centaine de versions de son scénario. Pour Truffe, le processus de création s'est établi sur plusieurs années et la sortie du long métrage a sans cesse été repoussée. Il devait tout d'abord prendre l'affiche en avril dernier. «On a été présélectionné à Cannes, explique le metteur en scène. Une heure avant qu'ils annoncent le résultat, ils ne nous avaient encore rien dit, alors que tous les autres films québécois avaient été refusés une semaine plus tôt. » Il y a ensuite eu l'épisode de Fantasia. Lors de la première, la salle était pleine à craquer et l'accueil plus qu'enthousiaste. Pourtant, l'opus est relégué à la fin d'août, dans un mois très achalandé où les productions québécoises se succèdent. Une autre planète Truffe ne devrait pourtant pas trop souffrir de la compétition tant il se trouve dans une classe à part. Il est question de futur désespéré, de cols de fourrure meurtriers et de surconsommation, le tout teinté d'une photographie en noir et blanc. Un scénario fourre-tout et éclaté écrit en état de demi-conscience. «Il s'agissait d'un processus d'écriture automatique, raconte le réalisateur et scénariste. Pendant un mois, j'étais dans une phase de demi-sommeil où j'ai laissé les images venir. J'ai construit une espèce de bagage de scènes, d'évènements et de symboles. Après, j'ai structuré cela de façon plus classique en ayant recourt à des idées, à une cohérence qui n'est pas la nôtre, qui appartient au monde du rêve.» Espérant rejoindre un public qui aime Gondry, Kaurismäki et Andersson, Kim Nguyen n'hésite pas à parler de symbolisme et de psychanalyse, renvoyant à l'univers disjoncté d'un David Lynch. Des références ne cadrant pas nécessairement avec la nouvelle vague de récits familiaux engendrés par C.R.A.Z.Y., et qui préfèrent parfois emprunter des détours vers le long métrage de genre. «On me met maintenant presque tout le temps dans la catégorie "cinéma de genre" et même "cinéma fantastique", fait remarquer le cinéaste. En même temps, je ne considère pas que j'appartienne à cette case-là. Mais les plus grands films que j'aime, ce sont des films de genres à quelque part. Je pense à 2001: A Space Odyssey et Apocalypse Now. » À contre-courant Afin de convaincre les investisseurs d'adhérer à une vision aussi particulière, Kim Nguyen devait mettre toutes ses chances de son bord. «J'ai eu l'approche un peu américaine d'aller chercher mes vedettes avant d'aller au financement. Je me doutais qu'il y avait des lecteurs qui allaient adhérer à l'univers et d'autres non, car ce n'était pas très verbeux et il y avait beaucoup de silence.» Malgré son modeste budget de 1,2 millions, plusieurs grands noms ont décidé de participer à l'entreprise, dont Céline Bonnier et Roy Dupuis qui forment un couple que la venue d'une mystérieuse compagnie modifiera à jamais le quotidien. «Je me sentais confortable d'embarquer là-dedans et en même temps, je ne savais pas ce que cela allait donner. C'est ce que je trouvais intéressant», raconte Céline Bonnier qui est habituée à œuvrer dans des cadres théâtraux éclatés. «Tu plonges dans le vide, tu sens de la liberté.» «C'est un film fantastique, mais si cela n'avait été que fantastique, je n'aurais probablement pas embarqué», soutient Roy Dupuis qui se plaît à comparer le résultat final à un croisement entre Brazil et Attack of the Killer Tomatoes! «On dénonce quand même des choses.» Des thèmes sensibles qui ont également séduits l'héroïne de Délivrez-moi. «Ce n'est pas juste flyé. Il y a une critique sociale sur les corporations qui, tout d'un coup, décident de prendre le monopole et d'écraser les marchés locaux.» Des mutations omniprésentes au sein de cette production très Dr Jekyll and Mr. Hyde. «Je pense que ça vient un peu appuyer le côté 1984, décortique la vedette de Shake Hands With the Devil. La grisaille de la vie. Que tout est plus gris, plus difficile, qu'il y a moins de projets d'avenir. Cela élargit la profondeur du film de série B. » www.icimontreal.com |
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| Dernière mise à jour : ( 25-08-2008 ) |
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