| Cas Roberge |
|
|
|
| Écrit par Roxanne Doucet | |
| 21-08-2008 | |
|
Qui n’a jamais rêvé d’avoir ses quinze minutes de gloire et d’être sous les feux de la rampe? Malheureusement dans le milieu du show-business, cette flamme est souvent éphémère. Dans Le Cas Roberge : le film, on dépeint la réalité du show -business québécois avec ses hauts et ses bas, avec ses vénérés comme ses oubliés. Lors de la première, j’ai eu une bonne dose de showbiz au visage en voyant défiler vedettes, acteurs et médias sur le tapis rouge du Cinéma Impérial. Devant les caméras qui fusaient de toute part, les flashs étaient loin d’intimider les vedettes du Cas Roberge. Les quatre acolytes Benoit Roberge, Stephane E. Roy, Sébastien Benoit et Jean-Michel Dufaux étaient tous réunis autour de Nicole Robert la productrice et de Rafaël Malo, le réalisateur. Pouce en l’air, les yeux scintillants, Roberge et sa bande de joyeux lurons posaient pour les yeux avides des caméras dans l’espoir d’obtenir la reconnaissance publique tant convoitée.
Synopsis
Voici l’histoire de Benoit Roberge, un éternel angoissé qui tente, tant bien que mal d’aspirer à cette notoriété en faisant le moindre effort. Maladroit, Roberge se cherche dans toutes les sphères de sa vie, tant amoureuse que professionnelle. Son but ultime; accéder au poste de chroniqueur télé d’automne afin de sortir de l’ombre. Avec son ami Stephane Deblois, un théâtreux qui se cherche tout autant, il décide de partir à Rouyn-Noranda sur les traces de Jean-Luc Godard, cinéaste militant et chef de file de la Nouvelle Vague afin d’écrire LE scénario qui changera leur vie d’artiste désespéré.
Entrevue
À voir le nombre de gens présents sur le tapis rouge ce soir-là, on peut dire que le phénomène Roberge a piqué la curiosité des médias. Je sens dès lors la fébrilité de Benoit Roberge lorsqu’il me dit être étourdi par l'engouement médiatique entourant la sortie du film: « Le cas Roberge a eu un effet boule de neige et maintenant,c'est stressant de voir le film au grand écran car les capsules n’ont pas été vues par tout le monde. C’est certain que nous avons un peu peur de la réaction du public, mais nous avons fait ce film avant tout pour nous amuser. »
Avec un budget considérable de 1,3 million, le réalisateur Rafaël Malo, avoue aussi sentir la pression de livrer un film à la hauteur des attentes des internautes et des médias « Dans le film, l’univers de Benoit est plus défini que dans les capsules. Au tout début, Benoit, Stéphane et Jean-Michel ont commencé à penser à un scénario mais comme le processus cinématographique était trop long, ils ont décidé d’en faire des capsules qui ont été vu par des milliers de gens sur le web. » Benoit Roberge ajoute dans un élan d’excitation : « Au commencement, on ne pensait pas faire le film; faire des capsules pendant un an a été pour nous une sorte de test afin d’être vraiment prêt à jouer nos personnages. Maintenant, le phénomène est là et c’est énorme d’être entouré d’autant de médias.»
Les vedettes du film, sourire aux lèvres, me confient être très content de leurs performances. Stephane E. Roy que l’on connaît bien pour son personnage du nerd dans Caméra Café ajoute : « Le monde du box-office est une nouvelle carte de visite pour moi. Je suis content car le cinéma attire les médias plus que le théâtre n’est capable de le faire. Le théâtre est plus pointu tandis que le cinéma peut toucher un plus large public. J’aime aussi jouer des personnages exagérés et dans le Cas Roberge, on a écrit des thèmes grossis qui nous ont permis de superbes ouvertures de jeu. » Comme Stéphane E. Roy, Benoit Roberge aime bien jouer le jeu et être dans le rôle du séducteur maladroit : « Je ne suis pas un cruiseur dans la vie de tous les jours; je le regrette un peu mais les petits regards et toute cette game-là, je ne suis pas capable de le faire... »
Dans le showbiz, un milieu où l’image est importante, Sébastien Benoit parle aux journalistes de petites crèmes, de sa coupe de cheveux et de sa barbe qui le vieillit un peu. Mis à part son look tendance d’animateur vedette, Sébastien me dit être tombé en amour avec le style de Benoit Roberge qu’il a rencontré sur son show d’été Tamtam : « Le projet de Benoit vient du cœur. Jean-Michel a poussé des portes pour ce projet et je suis content de mes chums et du travail qu’ils ont fait sur le scénario. » Le Cas Roberge est finalement le portrait du milieu artistique au Québec où les artistes vivent une éternelle quête de popularité et d’identité dans l’espoir d’accéder au bonheur, un bonheur fabriqué certes par les gens d’une industrie télévisée où tous sont des numéros que l’on jette ou que l’on prend au gré du temps. « L’écriture du Cas Roberge fût inspirée des impressions que nous avons des petites facettes du métier. Dans le showbiz québécois, on cherche souvent à trouver des coupables quand on est coupé des fronts mais il faut prendre cela avec un grain de sel. On a tous vécu cela au moins une fois… » me révèle Stéphane E. Roy. Benoit Roberge réplique : « Le showbiz c’est comme nos parents, c’est un métier que l’on aime mais ce n’est pas toujours facile, il y a des choses qui changent au fil du temps et il faut les accepter. »
Nicole Robert, productrice des films à succès Horloge Biologique et Tout est parfait aimait l’idée de faire un film sur l’univers du show-business québécois mais aimait par-dessus tout le gars derrière le Cas Roberge : « Benoit Roberge est un gars attachant même s’il bougonne souvent; il est le même dans la vraie vie que dans ses capsules. Benoit est une source intarissable de création et d’autodérision. » Nicole Robert compte bien continuer l’aventure en produisant un deuxième film ou une télésérie afin de propager les mésaventures du Cas Roberge au petit écran.
Critique
Déçus seront les fans des capsules web qui sont, selon moi, beaucoup plus efficaces que le film. Au début, les scènes sont tissées les unes entre elles comme des capsules, mais lors de l’événement déclencheur on perd le rythme et les longueurs s’installent. Il n’y a pas de montées dramatiques, les situations sont prévisibles et les gags tombent à plat. Le jeu des pseudo acteurs est parfois faible ce qui nous fait oublier l’arrogance et l’irrévérence de Roberge, par manque de crédibilité. Son personnage est maladroit mais je crois toutefois qu’il aurait dût pousser la limite un peu plus loin. Malheureusement, Le Cas Roberge n’est pas un film à la hauteur des capsules web qui ont d’après moi un bon potentiel. L’univers du show-business québécois est bien exposé certes, mais le scénario manque de mordant et de rebondissements. Le Cas Roberge représente cette réalité artistique dans toute sa splendeur et sa noirceur. Une noirceur satirique et une morale rose bonbon à la fin du film qui nous fait dire : quelle est ma place dans le monde, dans ce monde assoiffé de reconnaissance et de popularité. Que la place de Benoit Roberge soit devant les caméras en tant que chroniqueur d’été, sur la couverture d’un magazine à potins ou en tant que scénariste de film à succès, il y aura toujours des gens dans les hauts buildings qui se demanderont pourquoi ils y sont encore. |
|
| Dernière mise à jour : ( 25-08-2008 ) |
| < Précédent | Suivant > |
|---|