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Leonard Cohen Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Noémie Désilets   
02-07-2008


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ImageLe FIJM lève son chapeau à Leonard Cohen- retour sur le spectacle hommage présenté dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, par Noémie Désilets

Les spectacles hommages sont une curieuse tradition. On y va soit pour les chansons de l’artiste célébré, soit pour la brochette d’artistes invités, mais rarement pour la combinaison des deux. La foule se retrouve plus souvent qu’autrement divisée, partagée entre le matériel et l’interprétation. Dans le meilleur des cas, le courant passe des deux côtés; les interprètes font justice au matériel de l’artiste à qui l’on rend hommage ET le matériel enchante les non initiés.
 
J’aimerais pouvoir dire que c’est ce qui s’est produit jeudi le 26 juin en ouverture du Festival International de Jazz de Montréal, alors que les Garou, Katie Melua, Michel Pagliaro, Zachary Richard et compagnie ont repris de grandes chansons du tout aussi grand Leonard Cohen lors d’un spectacle extérieur gratuit. Toutefois, je suis loin d’en être convaincue.

Le FIJM célèbre cette année le retour de Leonard Cohen à Montréal, sa ville natale, après une absence de 15 ans. Suite à ses trois prestations à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 23, 24 et 25 juin, Cohen a quitté la ville pour poursuivre sa tournée en Europe, ratant ainsi l’hommage qui lui était consacré. Pas surprenant. Il a avoué se trouver inconfortable devant de tels événements et refuser systématiquement d’y prendre part. En étant témoin des démonstrations publiques d’affection dont sont truffés les spectacles hommages, on comprend pourquoi et on ne lui en veut pas. Jeudi dernier Adam Cohen, le fils de l’autre, a beurré un peu trop épais dans sa volonté de se faire fan plus qu’ambassadeur de son célèbre père. Dans les spectacles hommages, on se lance des fleurs, on s’admire, comme si le fait de reprendre le répertoire d’un autre n’était pas assez significatif (ça devrait l’être).

Leonard Cohen est au goût du jour, à l’instar de Bob Dylan et des Rolling Stones qui se sont tous vu consacrer des films alors qu’ils sont toujours bien en vie et bien actifs musicalement. Avec la récente sortie de I’m Your Man, une nouvelle génération d’amateurs de musique a pu découvrir Cohen. En me rendant sur le site du spectacle jeudi, au coin des rues Jeanne-Mance et Sainte-Catherine, je me suis demandée, justement, qui serait au rendez-vous. Les fans de la première heure, les nouvellement convertis ou les publics respectifs des artistes conviés?

La foule était définitivement au rendez-vous. Tout le monde, leur mère et leur grand-père étaient massés devant la scène. Il y a fort à parier que beaucoup y était par dépit, à défaut d’avoir eu en poche la centaine de dollars nécessaire à l’achat d’un billet pour l’un des concerts de Leonard Cohen lui-même en début de semaine. Ils auront au moins pu l’apercevoir grâce à la projection d’extraits de concerts sur la scène, les écrans géants et même la façade de l’hôtel Hyatt. On a ainsi pu voir le barde et poète chanter Hallelujah en ouverture ainsi que Closing Time et Suzanne en fin de soirée.

De tous les artistes invités à reprendre les chansons de Cohen, aucun n’a été mauvais. Après tout, ils travaillaient avec du matériel de qualité. Chacun y est allé d’une interprétation personnalisée, d’un choix de chanson approprié, dont plusieurs «crowd pleasers» (So Long Marianne, Take This Waltz, In My Secret Life). Sans jamais tomber dans l’imitation, chaque artiste a su donner sa couleur à la pièce choisie. Lhasa de Sela a offert de bons moments, surtout avec sa version de Who By Fire, proche de l’originale. Michel Pagliaro, tout en barbe et en cheveux en bataille, s’est aussi avéré fort divertissant en se lançant dans une délirante reprise de The Future en fin de parcours.

Cependant, bien que le tout ait été tolérable, il n’y avait rien de mémorable dans cet hommage et le monde n’avait certainement pas besoin de la version bonbon de Everybody Knows que nous a servi Garou. Ce qui nous ramène à la problématique fondamentale des spectacles hommages; on est là pour les chansons et on trouve difficile de les entendre transformées, voire même dénaturées par un artiste qu’on ne connaît pas, ou on est là pour les artistes et on se perd un peu dans les interprétations qui s’éloignent de leurs répertoires habituels. Dans un cas ou dans l’autre, on reste sur son appétit.

Comme on nous l’a si souvent rappelé au cours de ce spectacle en hommage à Leonard Cohen, ses trois concerts (payants) à Place des Arts étaient mémorables. La prochaine fois, on commencera à économiser à l’avance.
 
Crédit photo: Lorca Cohen
Dernière mise à jour : ( 02-07-2008 )
 
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