Les Nouvelles
La peau des doigts
| La peau des doigts |
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| Écrit par Catherine Vachon | |
| 10-06-2008 | |
Rencontre avec l’auteure du roman La peau des doigts : Katia Belkhodja.
Étudiante en littérature à l’Université de Montréal, Katia est Algérienne de naissance et définitivement montréalaise depuis douze ans. Pour ce qui est de la culture et de la religion, elle me mentionne être aussi musulmane qu’un adolescent québécois est catholique pratiquant de nos jours. Sans renier ses origines pour autant. La preuve : son livre! Le roman voyage, de Montréal à Paris en passant assurément par l’Algérie… Une de mes premières questions, celle occupant mes pensées depuis le moment où j’ai su que j’allais faire cette entrevue, concernait le si jeune âge de mademoiselle Belkhodja. Le fait que l’auteure ait 21 ans avait-il été un obstacle à la création du roman? Cela se reflétait-il à travers ses écrits de manière flagrante? A-t-elle été freinée par la barrière du temps? À quoi s’attendre? Vous le constaterez bien vite après quelques pages, on est loin du conte de fée et des histoires de princesses. L’âge, ça compte, ça donne de la couleur au récit non? Katia de répliquer : « Oui j’ai 21 ans, mais encore… » Selon elle, ce ne sont pas les années qui donnent de la crédibilité à une personne, mais bien ses expériences de vie. Convaincue dès son tout jeune âge que son amour pour les mots la mènerait à l’écriture d’un bouquin, c’est à 18 ans qu’elle entame la peau des doigts. « La première phrase, c’est ce qui me trottait dans la tête, c’est de là que tout est parti. » Pourquoi la peau? Quelque chose de très charnel, d’organique, d’humain, de commun à tout homme, et d’universel même. Elle m’explique, « on a beau être de culture et d’origine différentes, parler toutes sortes de langues, croire en des religions diverses, on a tous une peau et on communique par elle, on se rejoint par le toucher. » L’histoire, l’atmosphère… C’est un long silence qu’on raconte, décrit, décortique, essayant de comprendre ce qui se passe dans la tête des personnages, une communication sans la parole pour l’accompagner. Structuré et rythmé, mais vague à la fois, l’histoire danse entre le passé et le présent, entre l’Europe et l’Amérique, entre la douleur et l’espoir, entre la folie et la sagesse, entre le brut et la poésie. Le genre d’ouvrage nous obligeant à prendre des pauses pour réfléchir. « La vérité, ce n’est jamais si vital qu’on le croit » n’est qu’une phrase parmi des dizaines d’autres pleines de double sens, nous laissant sur un bémol, libre de toutes interprétations personnelles. Les personnages Loin d’être un roman rose bonbon, les personnages transportent tous une colère, une brûlure intérieure se manifestant de façon distincte pour chacun. Vivant les choses avec peut-être trop d’intensité, ils transportent leur tristesse de façon viscérale. Rêveurs, ils portent un regard extérieur sur le monde les entourant, ayant donc une perspective très décalée de la vie. Katia désirait écrire quelque chose ne ressemblant à rien, se distinguant par son style unique, un roman singulier quoi. Ayant sans aucun doute atteint son objectif, La peau des doigts invite à la réflexion et nous ouvre la porte sur un univers bien particulier. Impossible pour moi de trancher, ce sera à vous de juger si vous aimez ou non! |
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| Dernière mise à jour : ( 12-06-2008 ) |
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