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Le désir de cinéma Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Journal ICI   
08-05-2008


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Image Héroïne de Un baiser s'il vous plaît, Virginie Ledoyen a foulé pour la première fois le sol montréalais.
 
Rencontre avec une actrice qui sait manier le verbe et les idées.
 
Michaël Augendre

Entre-t-on facilement dans l'univers cinématographique d'Emmanuel Mouret? Oui, car quand on décide de travailler avec lui, c'est que l'on est d'emblée sensible à cette singularité. Au-delà, je pense qu'il faut d'abord s'entendre avec Emmanuel pour travailler avec Emmanuel. On se choisit communément. Il y a eu beaucoup d'échanges, on a beaucoup parlé et pas nécessairement du film. Entrer dans son univers, c'est aussi devenir ami avec lui.

Faut-il décrypter cet univers pour bien le jouer? Il faut y être sensible. Je trouve la mécanique de ses films très séduisante et puis il leur ressemble beaucoup... Alors ça m'a semblé facile de le décrypter.

Et comment définiriez-vous cet univers? Ce n'est pas simple... Il y a beaucoup de mélancolie, quelque chose de doux-amer avec à la fois un sens du burlesque, du fantasque et une gravité, une volonté de prendre les choses sérieusement.

Et un quelque chose hors de la modernité... Oui mais, en même temps, c'est très intemporel. Et puis mon personnage est quelqu'un de finalement très moderne. C'est un cinéma très paradoxal, un cinéma de contraste.

Avez-vous adapté votre jeu? Cet univers est un écrin qui induit un jeu. Tout vient donc facilement et jouer devient délectable. Je me suis amusée avec les mots, avec leur mécanique. L'idée est très claire, c'est très cohérent. En plus on a eu le temps. Un luxe pour un acteur à l'heure où tout va vite avec des films de 35 plans à la minute. Là on laisse les gens penser, on les regarde vivre. Pour un acteur, c'est précieux.
C'est un film très sensuel. Je le trouve érotique!

Que représente Un baiser s'il vous plaît dans votre filmographie? C'est d'abord une vraie rencontre avec Emmanuel Mouret. Ce film est dans la continuité de ce que j'ai déjà fait. C'est un rôle de femme et non de jeune fille ou d'objet... Alors oui, il vient au bon moment! Et plus on vieillit, plus il y a de matière à jouer.

Entre aujourd'hui et il y a 10-15 ans, y a-t-il eu une évolution dans vos critères de choix de vos rôles? Bizarrement non. J'ai toujours le même désir de cinéma. C'est-à-dire d'être dans des films que j'aimerais voir en tant que spectatrice. Je suis actrice parce qu'avant cela je suis cinéphile. Je voyais des gens jouer la comédie et cela me bouleversait, cela a participé à mon désir de faire ce métier. J'aime aussi être dans des univers de cinéastes, être un vecteur entre un réalisateur et des spectateurs. J'ai toujours cette envie et je suis contente qu'elle n'ait pas été remplacée par d'autres aspirations plus personnelles. J'aimerais garder cette cohérence.

À quel âge avez-vous vraiment décidé d'en faire votre métier? J'ai toujours eu envie d'être actrice mais c'était pour moi quelque chose de très utopique. Actrice, c'était un loisir pour moi et non métier. J'avais une dizaine d'années. La rencontre avec Olivier Assayas a tout changé: j'ai compris qu'être actrice, ce n'est pas que jouer un personnage mais aussi faire partie d'un tout. C'est là que j'ai pu vraiment dire que je voulais être actrice. Et puis avec le temps, mon œil s'aiguisait un peu plus: je voyais des films, ce n'était plus quelque chose de strictement narcissique.

Et vos parents?... Cela amusait ma mère cinq minutes puis ça l'agaçait. Mon père était cinéphile alors que ma mère s'en fout complètement. Mais l'important est qu'ils ont toujours respecté mon désir de cinéma. J'avais des conditions (école...) mais ils m'ont soutenue.

D'après votre expérience, quels sacrifices faut-il faire pour réussir à Hollywood? Difficile à dire... Sûrement d'y vivre, ce qui était hors de question pour moi. J'aimerais travailler avec des cinéastes américains mais ce n'est pas une finalité. L'important est de travailler avec des réalisateurs différents, avec des cultures différentes.

Comment voyez-vous évoluer le cinéma français? Il y a une vraie diversité. Il est de plus en plus possible de faire des choses différentes. Mais, comme partout, dès qu'il y a un truc qui marche, s'ensuivent 10 succédanés... Mais je crois en un vivier de jeunes metteurs en scène dynamiques. Heureusement d'ailleurs! www.icimontreal.com
Dernière mise à jour : ( 08-05-2008 )
 
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