Journal ICI
Épitaphe familiale
| Épitaphe familiale |
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| Écrit par Journal ICI | |
| 08-05-2008 | |
Le spectre du regretté
peintre Edmund Alleyn se trouve au cœur de L'atelier de mon père, un
documentaire mûri pendant plusieurs années par sa fille réalisatrice.
Rencontre avec Jennifer Alleyn, une femme qui vit enfin dans le présent. Martin Gignac Votre documentaire est une lettre au père, un hymne à la peinture et un retour sur le Québec moderne. Il est facile de s'égarer? Je ne sais pas. C'est vrai que c'est assez touffu, mais il y a eu tout ça dans la vie de mon père. J'effleure seulement les périodes de peinture, ce qui donnera peut-être envie aux gens d'aller au musée et de voir des tableaux. Je n'ai pas voulu me fermer de portes, je me suis laissée porter par le voyage. C'est une œuvre personnelle, presque privée. Comment cela peut intéresser un large public? J'ai fait ce film pour que n'importe qui puisse y entrer. Ce n'est pas destiné aux spécialistes d'art et je ne voulais pas que ça soit élitiste. Je me suis un peu servi de l'existence de mon père pour me questionner sur ce qu'on a le temps de faire dans une vie, pour déterminer ce que signifient les traces qu'on laisse. J'espère que ça va toucher les gens. L'essai a dû rouvrir des plaies... C'est une traversée. Mais je pense que c'était la meilleure façon de lui dire au revoir et de lui dire que je l'aimais... Puisqu'il est décédé en 2004, cela m'a permis d'être avec lui pendant ces trois dernières années. La rupture a été moins radicale. Comment trouve-t-on le juste milieu entre la glorification sentimentale et le règlement de comptes? J'ai eu la chance de bien quitter mon père. Et il y a eu du recul. Si j'avais fait ce film il y a 10 ans, cela aurait été bien différent. Il aurait été vivant... C'est plutôt un dialogue posthume et je me sentais très sereine. Pendant le processus de création, vous avez eu un fils qui a maintenant cinq ans. Cela a dû modifier pas mal de choses... Oui. Il va pouvoir connaître son grand-père grâce à ce projet-là. Mais c'est surtout mon rapport au travail qui a changé. J'ai mieux compris ce que ça pouvait présenter pour mon père d'avoir sa petite fille. Le week-end, je le regardais peindre et tout. Maintenant, je fais la même chose. Mon fils me voit écrire, il me demande le matin si je pars en tournage. Quand j'étais jeune, il y avait parfois des manques. Là, je comprends mieux ces absences. Et que va-t-il arriver à l'atelier de votre père? Je l'ai loué à un autre artiste qui va continuer à travailler, à produire. La vocation du lieu se conserve et se perpétue. www.icimontreal.com |
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| Dernière mise à jour : ( 08-05-2008 ) |
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