| Maman est chez le coiffeur |
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| Écrit par Amélie Poirier | |
| 01-05-2008 | |
Sur les écrans le 2 mai prochain
Dans le milieu des années 60, les vacances d’été d’Élise sont bouleversées quand sa mère quitte le nid familial, la laissant ainsi seule avec un père inapte et ses deux frères, Coco et Benoît. Fragilisé par l’abandon, l’état psychique de ce dernier, le frère benjamin, se détériore. La jeune fille de 12 ans trouve alors refuge auprès de la bande d’amis et de Monsieur Mouche, l’étrange du village.
Retour en enfance Dans chaque film de Léa Pool, l’univers féminin se trouve au cœur de la structure narrative, il ne suffit que de penser à Anne Trister, Emporte-moi et Lost and Delirious. Avec Maman est chez le coiffeur, scénario écrit par Isabelle Hébert, la thématique s’élargit pour croiser les deux univers : celui de la femme et celui de l’enfance. La relation mère-fille y est déterminante. Tout au long du récit, l’aspect « extrême » de l’enfance est représenté. À la fois intense et changeant, la demi-mesure n’a pas sa place chez l’enfant : un moment accablé de la plus grande peine du monde, l’instant d’après émerveillé par un insecte quelconque, tout se vit spontanément. Présentant ainsi les deux revers, Léa Pool propose une vision plutôt optimiste sur une histoire qui pourrait pourtant verser dans le drame. Malgré le départ précipité de leur mère pour Londres, les trois enfants sont aussi témoins des drames environnants. Il faut croire que les adultes avaient bel et bien raison : le gazon n’est pas plus vert chez le voisin. Alors que le scandale éclate à l’intérieur de la cellule familiale (un mari aux relations extraconjugales homosexuelles, une mère abandonnant la famille pour un travail à l’étranger), les familles voisines connaissent aussi leurs lots de malheurs. À cette époque, Maman est chez le coiffeur devient une banalité, une phrase commune lancée pour cacher un tabou à peine subtil. Maintenir le secret devient une activité en soi. Adultes comme enfants, le jeu des acteurs est impeccable. Dans la peau d’Élise, Marianne Fortier, loin du personnage d’Aurore, joue juste et ses acolytes sont tout simplement charmants. Du monde adulte, Céline Bonnier, Laurent Lucas et Gabriel Arcand assurent la distribution avec brio. Maman est chez le coiffeur évoque la nostalgie d’une époque, entre autres, à travers la musique légère du yaya ou de la chanson française. La révolution tranquille avec ce qu’elle a de bon, mais aussi le moins bon, les tabous. Léa Pool signe une œuvre où elle propose d’abord et avant tout un univers. À défaut d’une histoire vigoureuse, il y a l’intérêt d’un univers coloré et attachant. |
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| Dernière mise à jour : ( 09-05-2008 ) |
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