Les Nouvelles
Le Bal en Blanc
| Le Bal en Blanc |
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| Écrit par Marie-Eve Grisé-Blais | |
| 26-03-2008 | |
Sex, drogue et psy-trance
Cette année c’était le 14ième Bal en Blanc. Le méga rave se tenait le dimanche de Pâques au Palais des congrès de Montréal et, outre l’immaculée blancheur vestimentaire typique à l’événement, la thématique de cette nouvelle édition était 100% humaine. Un alignement plutôt impressionnant de DJ et d’artistes de partout à travers le monde était au menu. De quoi tenir les ravers en haleine jusqu’au petit matin. Cette année, la photo promotionnelle du grand Bal en disait d’ailleurs long sur le sujet. Les concepteurs avaient choisi une image choc et particulièrement évocatrice pour promouvoir la soirée. Rien de moins que la dernière cène de la christianité, avec comme référence Jésus et ses 12 apôtres, autour d’une table. La version revisitée pour le Bal en Blanc était enrichie de personnages plutôt colorés, bien que tous vêtus de blanc, plus atypiques les uns que les autres dans un tel contexte. Un musulman, un sikh, une hindoue, un juif, un bouddhiste, un drag queen, même une femme en burqa, profilée sur le fond blanc éclatant, étaient de la partie. De quoi susciter de vives réactions chez les puristes. Mais les promoteurs de l’événement, plutôt que de voir cela comme de la provocation, voyaient en cette représentation le symbolisme de la liberté: la différence en tant que reflet de la société « multiple, tolérante et ouverte ». C’est ainsi que le Bal en Blanc transcendait tous les tabous et les barrières culturelles une fois de plus. Le message était clair, tous autant que vous êtes, peu importe votre sexe, votre couleur, vos croyances et votre orientation, vous êtes 100% humains et vous êtes les bienvenues. It’s party time! Seule règle incontournable, le code vestimentaire. Le blanc, couleur pure et spirituelle, doit être porté pour ajouter à la féérie et à l’euphorie du moment. Quelques milliers de personnes plutôt légèrement vêtues ont fait la ligne des heures durant pour accéder à cette grande célébration. Latex, spandex, cuirette et j’en passe ont eu leur heure de gloire sur des corps tous plus musclés et sculptés les uns que les autres. La peau bronzée, les courbes dévoilées et l’extravagance étaient définitivement au rendez-vous. Deux salles pour satisfaire tous les adeptes et tous les goûts : la salle techno et la salle house. Un alignement carrément dément de dj reconnus partout dans le monde qui ont fait compulsivement voyager les gens d’un côté à l’autre. Trop souvent on aurait aimé se diviser pour profiter des deux atmosphères simultanément, mais ce n’est malheureusement pas encore une faculté humaine. Que de dilemmes il a fallu affronter! Côté tech, Armin Van Buuren, no. 1 du célèbre Top 100 de DJ Mag, était présent pour la 3ième année consécutive. Rythmes percutants et envolées hallucinogènes ont fait danser la foule en délire. Ferry Corsten, spécialiste de la Trance, a fait lui aussi valser la salle sur ses mélodies techno électroniques. Les prestations électrisantes et enivrantes de Menno De Jong, de Wizz et de Insomnia, étaient elles aussi flamboyantes et mériteraient qu’on les souligne en détails, mais le temps et les mots sont comptés. Je vous inviterai plutôt à les découvrir par vous-même ou, qui sait, à les écouter sur place lors du prochain Bal en Blanc. Je ne peux cependant cacher mon penchant marqué pour la prestation live de Infected Mushroom le groupe israëlien psy-trance fort déluré. Ils y sont allé de succès issus de leurs albums-phares « I’m the supervisor », « The Gathering », et de leur excellent dernier opus « Vicious Delicious ». Un vrai délice qui a carrément survolté les danseurs. Les riffs endémiques, les rythmes saccadés et la voix autoritaire du chanteur subjuguant ses sujets ont carrément volé la vedette deux heures et demi durant. Essoufflant, mais ô combien rassasiant! Côté house, la salle était chargée à bloc et encore plus bondée. David Guetta, a fait un malheur avec sa prestation énergique et exaltante empreinte d’électro, de pop et de funk. De retour pour une deuxième année, il a ravi son public qui était complètement déchaîné. Victor Calderone et ses rythmes tribaux ponctués de house vocale entraînante et de sonorités éclatées a pour sa part ravivé l’ardeur des ravers. Ont aussi défilés derrières les platines Offer Nissim, Cedric Gervain, Uppercut et Cesar Romero. Un programme éclectique, envoûtant, et certainement pensé afin de garder éveillé et bien alerte. Pour ceux qui aiment le genre de synergie qui s’installe alors que des milliers d’humains s’imprègnent de leurs énergies mutuelles, pour ceux qui se droguent de cette transe qui les envahit alors qu’ils ferment les yeux aux rythmes étourdissants et psychédéliques, pour ceux qui vivent d’intensité et de nuit incendiées où les stimulations et la fièvre de la danse ne font qu’un; laissez votre pudeur à la maison et libérez-vous de vos limites. Car le Bal en Blanc est une expérience en soi, pas tout à fait underground je vous l’accorde, mais qui frôle le surnaturel et qui vaut certainement la peine d’être vécue.
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| Dernière mise à jour : ( 14-05-2008 ) |
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