| SIR PATHETIK |
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| Écrit par Mael Bernier | |
| 19-03-2008 | |
Portrait d’un artiste simple, à mille lieues du rap de gangster et du bling-bling à outrance.
Récompensé le 2 mars dernier, et pour la première fois de sa carrière, par le titre de « meilleur artiste hip-hop francophone de l’année » au gala des prix SOBA, le rappeur Sir Pathétik demeure un des piliers de la scène hip-hop québécoise. Soundbeat Radio l’a rencontré autour d’une bière, en toute intimité. Sir Pathétik, un des seuls rappeurs québécois – et francophone - à pouvoir vivre financièrement de son flow. Le constat est évident : clips en rotation constante sur Musique Plus, des salles qui n’en finissent plus de se remplir, un bastion de fans dans les écoles secondaires de toute la province, trois nominations à l’ADISQ et un trophée des Sounds of Blackness Awards…il suffit de demander autour de soi : le premier nom de rappeur qui vient en tête ? Je vous laisse deviner. Une notoriété qui n’est plus à faire donc, mais qui est surtout basée sur une carrière prolifique. Après des débuts au sein de plusieurs groupes-dont Mine de Rien, qui fera exploser son talent au grand jour, et armé d’une expérience qui se solidifie de plus en plus, Sir Pathétik se sent prêt pour une carrière solo et c’est avec son premier hit L’accroc du trippe qu’il débarque pour se faire une place. Ses deux albums suivant, 3 ans de trippe après…et un gars d’même, confortent son statut et lui permettent de débarquer dans des milliers de foyers. Régulièrement nominé à l’ADISQ, sa présence ne passe plus inaperçu. Mais pour Sir Pathétik, la seule chose qui compte, c’est faire du rap. Tout ce qui gravite autour, c’est du bonus, une cerise sur le sundae. Loin de se la jouer, il conçoit le hip-hop comme un genre universel et versatile dans lequel se mélange les styles mais où se faire remarquer, dire des conneries, reste une sécurité, presque un passage obligé, pour ceux qui viennent en grossir les rangs : « il faut s’écouter, on n’écrit pas pour être un pilier de quoi que ce soit. Bloquer ses feelings, ça casse la personne. Il faut rester le même ». De l’humilité, dans un monde où les apparences sont souvent brandies comme des cartes de visite ? La sortie de son quatrième album lui a d’ailleurs permis d’assoir son authenticité et de passer au-delà de la façade du personnage, d’exprimer un point de vue en marge des revendications. Preuve vivante que foncer est le meilleur moyen d’obtenir une vie à la hauteur de ses passions, Sir Pathétik est un exemple de réussite pour des dizaines de jeunes attirés par les spots du show-business. Dans un univers où faire du rap est devenu un sport et où en vivre financièrement est une épreuve de haut niveau, il nous rappelle que l’amour de la musique, de l’écriture et de la création reste le meilleur moyen de faire son trou : « il faut le prendre en s’amusant, faire attention à ne pas glisser dans un personnage. Ce n’est pas facile, ça prend des années, mais il faut rester à l’écoute des signes ». Des conseils qu’il donne volontiers à tous ceux qui lui écrivent via internet, et qui l’attendent à la sortie de ses concerts. Car Sir Pathétik tient particulièrement à cette proximité, ce partage mutuel qui a fait de lui le MC que l’on connait : « ils me connaissent tous. Après les shows, je vais toujours leur parler, signer des autographes. C’est grâce à eux que je suis là aujourd’hui. Les remises de prix, c’est un trip pour le milieu ; internet bat tout ca. Ma vraie récompense, c’est de rester l’artiste préféré des jeunes et que le monde vienne me voir ». Il est comme ça, Sir Pathétik, un peu à l’écart, presque trop gentil. Trop naturel. C’est le genre de gars qui pourrait devenir un chum et avec qui on aurait du fun à sortir. Il ressemble à son public, et on se reconnait facilement en lui. Avec des thèmes forts et rassembleurs, tels que l’amour, le deuil, le viol ou l’inceste, et un style mélodieux qui le distingue de ses congénères, son hip-hop n’est pas réservé aux seuls initiés de la culture rap. Son public ? « Il y a du monde de tous les âges. Musique Plus a amené une grande visibilité, mais c’est surtout le noyau de jeunes qui s’intéresse au hip-hop québécois qui nous amène dans leurs familles et nous font découvrir. Je ne suis pas là pour écœurer le monde, je n’ai pas de prétention, juste celle de faire du bien aux autres ». Faire du bien. Voilà un message que l’on capte dès la première écoute de son album ; car même une pièce lugubre et pensive comme « Aqua » - qui aborde le sujet de l’inceste- reste porteuse d’espoir. Montrer la vie telle qu’elle est, pathétique et belle à la fois. Et continuer d’y croire.
Mauzaise Frékentation en spectacle le 21 mars au National avec Billy Nova
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| Dernière mise à jour : ( 19-03-2008 ) |
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