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Jeux télévisés
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| Écrit par LA PRESSE CANADIENNE | |
| 21-12-2007 | |
Les jeux télévisés offrent de plus en plus des lots gonflés aux stéroïdes
On ne produit pas "Le banquier" comme on produit "Le cercle". Ni "Paquet voleur" comme "L'union fait la force". Avec les promesses de prix élevés des superquiz, il faut une planification rigoureuse pour réduire les risques de banqueroute. Bien avant l'arrivée des concurrents sur un plateau, on y accueille des statisticiens, des actuaires et même des assureurs! Les quiz ne sont plus ce qu'ils étaient depuis l'avènement de "Who Wants to Be a Millionnaire", au début des années 2000. Et la popularité de "Deal or No Deal" n'a fait que renforcer la tendance des jeux télévisés d'offrir des lots gonflés aux stéroïdes. Au Québec, pour un "Union fait la force" et "un Cercle", on a maintenant un "Banquier" (gros lot possible de 500 000$ deux fois par semaine) et un "Paquet voleur" (gros lots possible de 100 000$ chaque semaine et 1 million aux huit semaines). Avec sa promesse de 20 000$ par deux semaines, "Tous pour un" fait figure de parent pauvre dans la programmation ludique des grands réseaux! "Maintenant, il faut arriver avec quelque chose de gros, note Mario Clément, directeur général des programmes de Radio-Canada. Il faut mettre des sommes en jeu pour créer des émotions. Mais c'est embêtant d'avoir à faire tirer des millions. Ca exige plus de travail pour trouver des prix." "Même un lot de 30 000$, c'est beaucoup d'argent dépensé pour un producteur", constate France Lauzière, vice-présidente à la programmation de TVA. En deux saisons à TVA (54 émissions), Julie Snyder et son équipe ont donné plus de 2,5 millions aux concurrents. Le gros lot de 500 000$ n'a jamais été remporté, mais des sommes de plus de 115 000$ ont été versées à trois concurrents. Chaque fois que le banquier sort son chéquier, le Groupe TVA vide ses poches... grâce à la généreuse participation de commanditaires de l'émission, comme Vidéotron. "On a la chance d'avoir une émission qui a fait ses preuves ailleurs dans le monde, dit France Lauzière. Si, par hasard, les gains étaient plus élevés, il faudrait réajuster la séquence de prix." Mais ça risque fort peu d'arriver, car le hasard, dans ce type de jeu, est calculé. Et 100 fois plutôt qu'une! Avant l'arrivée du "Banquier" en ondes, des actuaires et statisticiens ont établi à 60 000$ la moyenne des gains remportés par participant (39 000$ à l'époque où la somme la plus substantielle proposée était de 250 000$). "Jusqu'à présent, on a maintenu notre moyenne, même si un candidat a remporté 240 000$, note France Lauzière. Lors des prochaines émissions, même si un autre remporte une très grosse somme, on va rester dans la moyenne." "Si Dieu est bon, on va rester dans la moyenne établie, toute la saison", lance Michel Bissonnette, vice-président création et producteur de Zone 3. Depuis septembre, il produit le jeu "Le moment de vérité", animé par Patrice L'Ecuyer, à Radio-Canada, dans lequel les participants remportent un voyage en Alaska et des véhicules tout-terrain s'ils accomplissent une tâche aux allures insurmontables. "Sur 14 émissions (soit 42 équipes de participants), il y a eu 21 gains. Des prix d'une valeur totale de 462 000$ ont été remis. C'est un peu plus que ce qui avait été prévu, mais on s'approche de la moyenne préalablement établie." Pour pallier une possible rafale de gains substantiels, Bubbles Télévision, producteur et créateur de "Paquet voleur", a contracté une assurance. Comme le propriétaire d'une maison le fait pour s'éviter des dépenses exorbitantes en cas d'incendie. Et ce, même si la possibilité de remporter un gros lot est d'environ 7 pour cent, selon Mario Clément. A TVA, on a pris le risque de lancer "Le banquier" sans assureur. "On a plongé, dit France Lauzière. Les coûts de production sont importants, mais ça reste rentable." Pour "Le moment de vérité", comme pour "Tous pour un", on ne peut s'assurer. "Car la formule du "Moment de vérité" ne relève pas du hasard, explique Michel Bissonnette. Nous exerçons une influence sur le choix des concurrents et des épreuves." Zone 3 ouvre ainsi ses coffres à chaque émission. Chaque paire de skis remise représente une dépense pour la maison de production qui peut payer la totalité d'un prix (selon la générosité des boutiques et entreprises sollicitées). "On n'a pas le contrôle des cadeaux offerts. Ils sont choisis selon le rêve des concurrents. Cet automne, il m'est arrivé d'être content que les participants ratent leur défi!" lance Michel Bissonnette, en riant. Mais inutile de dire qu'un gros lot remporté offre un meilleur spectacle... "Des fois, on s'attache tellement au candidat qu'on souhaite qu'il parte avec la plus grande somme, mais il y a une réalité financière", mentionne France Lauzière. "On a toujours souhaité que les gens gagnent beaucoup, jure Mario Clément. Quand un concurrent ne gagne que 75$, je suis déçu pour lui. Et puis, le téléspectateur attend un feu d'artifice à chaque émission." |
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| Dernière mise à jour : ( 03-01-2008 ) |
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